mercredi 23 février 2011

18ème Café-Repaire mardi 29 mars 2011

Les SEL (systèmes d'échanges locaux)
Proposé par Thierry Holweck
6 rue de l'Orphelinat - 68500 Guebwiller 06 76 42 16 42 - holweck.thierry@gmail.com

Une présentation du projet Flori'SEL se trouve ici.

dimanche 13 février 2011

17ème Café-Repaire mardi 22 février 2011

Le pacte pour les droits et la citoyenneté

Animé par Ginou Zandonella

Une trentaine d'AMG se sont réunis pour échanger leurs avis sur les rapports entre citoyens et politiques.

Un compte rendu de la soirée sera proposé dans les jours à venir.

Le site de l'association "Pacte pour les droits et la citoyenneté" ici
Un site sur la "Démocratie évolutive" ici

lundi 8 novembre 2010

16ème Café-Repaire mardi 25 janvier 2011

Foot, religions et autres drogues...

Animé par François Herrb et Pierrot Thomann

Voici les textes proposés par les animateurs de la soirée (cliquer sur les mots ci-dessous)

lundi 11 octobre 2010

15ème Café-Repaire mardi 26 octobre 2010

Vive les impôts !

Animé par Matthias

Une vingtaine d'AMG se sont retrouvés pour parler de fiscalité avec le sourire. Ci dessous on trouvera quelques éléments de l'introduction à la soirée, les grands thèmes qui ont été abordés et des références pour approfondir le sujet.

Introduction

Parler fiscalité c'est parler projet de société. Ainsi, on peut comprendre le projet de société du gouvernement au travers de ses réformes fiscales. C'est à nous de dessiner les contours d'un autre projet de société basé sur une toute autre fiscalité.

1. Quel est le projet de société du gouvernement ?

Il est très lisible derrière sa vision de la fiscalité. L’idée est simple : baisser les impôts des plus riches et sabrer les services publics. Il s’agit de permettre aux plus riches de garder leur argent. Ils n’ont pas besoin de services publics puisqu’ils peuvent se payer des services privés (universités privées, hôpitaux privés, etc).

C’est ce projet qui est mis en place actuellement : toutes les réformes actuelles (école, hôpitaux, sécurité sociale, retraites, etc) on pour excuse le déficit public, et pour proposition la réduction des dépenses.

Cette vision des choses n’est pas neuve : depuis 20 ans on constate une baisse continue des impôts en France mais aussi aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne. C’est la théorie du "ruissellement" : si les riches sont plus riches, l’économie toute entière en profite, donc les plus pauvres aussi. C’est l’argument constamment utilisé pour justifier le bouclier fiscal par exemple. Mais cela ne marche pas comme ca.

Quel est la conséquence de cette politique en France ? Le creusement des déficits publics. Perte de 100 milliards d’euros sur 10 ans (calcul de Mr Gilles Carrez de l’UMP).

Que propose N. Sarkozy ? Réduire les dépenses. Comment ? En diminuant le nombre de fonctionnaires. Mais quant on regarde les chiffres on constate que le non remplacement de 1 fonctionnaire sur 2 qui part à la retraite ne fait économiser que 500 millions d’euros par an. Tandis que la baisse de la TVA dans la restauration fait perdre 3 milliards d’euros par an. Le bilan de N. Sarkozy est donc négatif !

Les niches fiscales sont également bien plus responsables de ce déficit. 86% des niches fiscales bénéficient aux 10% des plus riches en France. L. Bettencourt par exemple est actuellement imposée à 9% de ses revenus de 400 millions par an. Elle ne paye donc que 40 millions euros. Le fisc lui a même remboursé 30 millions d’euros grâce au bouclier fiscal. La France est donc un véritable paradis fiscal pour ceux qui peuvent se payer des juristes fiscalistes (optimisation fiscale). On rigole quand Messieurs Sarkozy, Brown et Obama nous parlent de liste noire des paradis fiscaux en fronçant les sourcils.

2. Quel est notre projet de société ?

Nous devons avoir une vision claire de la fiscalité que nous souhaitons, et nous battre pour la mettre en place. A quand des manifestations pour une fiscalité plus juste ? Quel est ce projet ? Ce n’est pas très compliqué : augmenter les impôts des plus riches pour mieux répartir les richesses. Parallèlement, avec ces nouvelles ressources construire de vrais services publiques bénéficiant à tous.

On peut même aller plus loin et dire que ce projet de société profitera à tous : les plus modestes comme les plus aisés ! Une étude parue récemment en Grande-Bretagne explique que Les bénéfices d’une plus grande égalité se répartissent dans toute la société et améliorent la santé de tout le monde, pas seulement celle du bas de l’échelle. En d’autres termes, quels que soient les niveaux de revenus, on vit d’autant mieux que le pays est égalitaire. Ce n’est pas seulement vrai pour les pauvres mais aussi pour les autres. Par exemple, les hyper-riches aux EU ont une espérance de vie inférieur aux très-riches des pays scandinaves. Pourquoi ? La violence, l’état du système de santé ou du système éducatif, pèsent lourdement sur les conditions de vie de chaque membre de la société.

Mais il faut quand même se demander si un tel projet à une chance d'être mis en place. Dans le système politique français actuel - que l'on peut qualifier d'oligarchie libérale - la réponse est malheureusement non. Car le gouvernement actuel ne met pas en place des politiques favorables à l'ensemble de la population, mais à une petite minorité de possédants. Néanmoins, c'est à nous de faire changer les choses et de porter ce projet car, comme le dit l'historien américain Howard Zinn : Il est très dangereux d'attendre un sauveur, un chef qui fera le nécessaire. Personne au sommet de la pyramide ne fera le nécessaire. Ce ne sont pas les initiatives des présidents, du Congrès ou de la Cour suprême qui ont amélioré la société, mais plutôt l'action des gens ordinaires.

Grands thèmes abordés

François fait remarquer que cette vision de la fiscalité fonctionne surtout pour les impôts sur le revenu. Que si les impôts directs baissent effectivement depuis plusieurs années, les impôts indirects et les impôts locaux augmentent. L'enjeu c'est donc surtout une refonte de l'impôt sur le revenu, pour redistribuer les richesses.

Pierrot fait également remarquer qu'il faut avant tout être en colère sur l'utilisation des impôts. Il met face à face les dépenses somptuaires de notre président et les coupes dans les services publics.

La question de la régionalisation des impôts est également soulevée. Faut-il régionaliser les prélèvements et l'utilisation des impôts ? L'exemple de la transformation du RMI en RSA est rappelé. De plus, le cadre national permet de faire jouer la solidarité entre les régions.

Dominique se demande pourquoi l'homme veut de moins en moins partager avec ses semblables, et pourquoi les sociétés sont de moins en moins solidaires. Les valeurs qui accompagnent l'ascension du capitalisme depuis deux siècles et le retour en force de l'idéologie néo-libérale depuis le début des années 1980 n'y sont pas pour rien.

François précise que parler de fiscalité et de redistribution des richesses c'est finalement réfléchir à la manière de faire mieux fonctionner le système économique actuel. Sur ce sujet la vision de l'entrepreneur américain Garrett Gruener (ci-dessous) est intéressante. De nombreux entrepreneurs appellent de leur vœux une meilleur répartition des richesses afin de relancer la consommation, donc la production et la croissance. Il s'agit de faire reposer la croissance non pas sur l'endettement des ménages mais sur une véritable progression des salaires. C'est ce qu'avait mis en place Henry Ford au début du 20e siècle lorsqu'il avait compris que ses ouvriers étaient aussi les consommateurs potentiels de ses produits. La hausse des bas-salaires est évidemment un objectif mais en ce début de XXIe siècle, on doit aussi poser la question de l'écologie. Une nouvelle politique "fordiste" serait-elle compatible avec la préservation de l'environnement ? Même si comme le souligne Hervé Kempf (Comment les riches détruisent la planète) ce sont surtout les modes de consommation des très-riches qui nuisent à l'environnement en se répandant vers les classes moyennes.

Références

Trois émissions récentes de La bas si j'y suis sur ce thème les 28, 29 et 30 septembre dernier. A écouter absolument ici.

Vous pouvez aussi lire un article intéressant paru dans le Courrier International du 30 septembre dernier à propos des États-Unis ou le débat sur la fiscalité est également d'actualité. L'article ici.

mardi 21 septembre 2010

14ème Café-Repaire mardi 28 septembre 2010

Parcours de demandeurs d'asile

Animé par Marie-Noëlle

Une vingtaine d'AMG se sont retrouvés autour de Marie-Noëlle qui a commencé la soirée par la lecture d'extraits d'une chanson de Clarika intitulée Bien Mérité :

La petite carte en plastique, que l’état m’a donnée,
Naître en république, dans une clinique chauffée,
Les bancs de mon école, le pouvoir d’étudier,
Aller voir mon docteur, quand j’me sens fatigué(e),
Je l’ai bien mérité ?!
La douceur de l’enfance, l’amour qu’on m’a donné,
C’est vrai, j’y avais pas pensé,
Mais… on me l’a toujours dit,
C’est la loi de la nature,
C’est l’évidence… t’avais qu’à naître en France !!!

Et, tant pis pour ta gueule, si t’es né(e) sous les bombes !
T’avais qu’à tomber du bon côté d’la mappemonde…
Si la terre est aride, t’as qu’à trouver d’la flotte !
Un peu de nerf mon gars, pour la remplir ta hotte,
On prend pas un bateau, si on sait pas nager,
On n’a que ce qu’on mérite, alors, t’as mérité !!!

C’est vrai, j’y avais pas pensé,
Mais… on me l’a toujours dit,
C’est la loi de la nature,
C’est l’évidence… t’avais qu’à naître en France !!!


Marie-Noëlle a ensuite présenté l'AADA (association d'accueil des demandeurs d'asile) qui accompagne les demandeurs d'asile de Mulhouse. Le débat a ensuite porté sur les nouvelles lois relatives à l'immigration, leur contenu et les enjeux politiques qui y sont liés. Le fonctionnement des Centres de Rétention Administrative a aussi fait l'objet de quelques questions, en particulier celui de Geispolsheim.

Il a aussi été question des causes des migrations : migrants fuyants la pauvreté et réfugiés fuyants les guerres. La responsabilité des pays occidentaux est dans les deux cas engagée ce qui met en lumière l'hypocrisie des politiques migratoires actuelles et la "sanctuarisation" croissante des pays riches. Jean Ziegler l'explique parfaitement dans le film We feed the world. L'extrait ici

Le cartographe du Monde diplomatique, Philippe Rekacewicz, a réalisé de très belles cartes sur ce sujet. En voici 2 : "Vers la sanctuarisation des pays riches" et "Des milliers de morts aux portes de l'Europe". Vous pouvez consulter l'ensemble des cartes de cette exposition ici


dimanche 1 août 2010

13ème Café-Repaire mardi 31 août 2010

Et maintenant, l'Europe sociale !

Animé par Matthias

Ce slogan du Parti socialiste pour les élections européennes de 2004 peut prêter à sourire tant la nature de l’Union Européenne apparaît aujourd’hui comme purement économique et libérale. Une Europe sociale peut elle se construire dans le cadre des institutions actuelles ? C’est à cette question que François Denord et Antoine Schwartz tentent de répondre dans leur livre, L’Europe sociale n’aura pas lieu paru aux Editions Raisons d’agir en 2009.

Les auteurs proposent une histoire critique de la construction de l’Union Européenne et démêlent mythes et réalité. L’histoire officielle de la construction européenne est très répandue, elle est cependant très caricaturale. Petit jeu : posez vous deux questions toutes simples : selon vous, qui a construit l’Europe et quelles étaient les objectifs principaux de cette construction ? Il y a de grandes chances pour que les réponses qui vous apparaissent d'emblée soient assez proche de la version officielle : l’Europe a été construite par les peuples afin de préserver la paix.

Pour voir clair, il faut donc répondre honnêtement à ces 2 questions. Mais il faut surtout se demander ce que l’on souhaite faire de l’idée d’Europe dans l’avenir. Ce qui suit sont mes notes de lectures, forcement caricaturales et succinctes, rien ne saurait remplacer la lecture intégrale de l’ouvrage :

1. Qui a construit l’Europe ? Les peuples européens ou des technocrates et des dirigeants politiques ? L’Europe a été construite par un petit groupe de personnes qui ont systématiquement contourné les voies démocratiques. La population n’a jamais participé à cette construction. En 1992, on a demandé de voter pour ou contre Maastricht. Mais qui a fait le traité de Maastricht ? Pas la population. Pire, en 2005 on a demandé de voter pour ou contre le Traité Constitutionnel Européen, les français et les hollandais ont voté contre, et ce traité - dans une version quasi semblable - a été adopté à Lisbonne par les chefs d’Etats et ratifié par le parlement français en 2008. L’Europe est donc dès le départ et aujourd’hui encore anti-démocratique.

2. Quels étaient les objectifs principaux de cette construction ? La sécurité et la paix ou un marché commun ? Autrement dit, la construction d’une Europe politique, ou la construction d’une Europe économique ? La construction européenne a toujours eu pour objectif principal la constitution et l’approfondissement d’un marché commun. Autrement dit un but économique, et une idéologie sous-jacente : le néo-libéralisme. A l’origine de la construction il y a les pressions des Etats-Unis qui souhaitent, au début de la guerre froide, une Europe occidentale forte économiquement et militairement pour faire face au bloc de l’est. L’Europe est donc dès le départ et aujourd’hui encore libérale.

3. Quelle Europe souhaitons-nous ? Le mythe d’une Europe construite par les peuples pour la paix doit donc être nuancé. La réalité est tout autre, l’Europe a été construite par des technocrates avec pour objectif essentiel le progrès du néo-libéralisme. L’idée d’Europe est positive, il faut la développer. Mais la manière dont l’Europe s’est construite depuis le début ne permet pas de transformer l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui. Il faut détruire le système existant et reconstruire autre chose avec des institutions plus démocratiques et des objectifs plus sociaux. L’Europe libérale ne deviendra pas sociale : détruisons l’une, construisons l’autre.

Deux livres :

- François Denord et Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’agir, 2009.
http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/index.html

- L’Observatoire de l’Europe industrielle, Europe Inc. Comment les multinationales construisent l’Europe & l’économie mondiale, Agone, 2005.
http://atheles.org/agone/elements/europeinc/

L'introduction du livre de François Denord et Antoine Schwartz ce trouve ici :
www.lesvertsguebwiller.com/caferepaireflorival/europesociale.pdf

mercredi 28 juillet 2010

12ème Café-Repaire




Soirée animée brillamment par François Herrb, la discussion sur le thème du tourisme a fait la part belle aussi à l'idée du voyage, de la rencontre, et même de la perte d'identité culturelle avec l'agonie du dialecte alsacien. Mais aussi du tourisme de masse, de la néo-colonisation, de l'acculturation, de l'empreinte écologique, du tourisme "solidaire", de l'aide apportée physiquement ou financièrement, ....Un compte-rendu plus consistant sera fait prochainement.

vendredi 9 juillet 2010

12ème Café-Repaire mardi 27 juillet 2010

Le tourisme, facteur aggravant ou solution aux inégalités dans le monde ?

Animé par François Herrb

Qu’est-ce que le tourisme ? Né au 17e siècle avec le Grand Tour aristocratique, ce phénomène touche aujourd’hui toutes les sociétés. Il provoque les plus importantes migrations que l'humanité ait jamais connues. 898 millions de personnes ont voyagé hors de leur pays en 2007 à des fins touristiques, selon l'Organisation mondiale du tourisme. Et l'arrivée des touristes chinois et des pays émergents devrait encore grossir ces flux dans les prochaines années. En France, le secteur du tourisme engendre 6,5% du produit intérieur brut (PIB) national.

Plébiscité comme un outil de développement économique, dénoncé comme un nouveau colonialisme, il est au cœur des débats sur la mondialisation de la culture.

Il est souvent reproché au touriste - ce "pèlerin moderne qu'aucune foi n'anime" selon l'expression du sociologue Jean-Didier Urbain - sa superficialité, son caractère grégaire, son indifférence aux sites visités, sa négation de l'art du voyage. S'y ajoute aujourd'hui une critique environnementale (destruction de sites naturels, émissions de gaz à effet de serre liées au transport) et politique (marchandisation des sites et des paysages, pratiques néocoloniales vis-à-vis des populations locales).

En réponse à cela, un commentaire parmi d’autre sur un forum consacré aux voyages :

"On lit partout les considérations éthiques sur le tourisme, le tourisme équitable, le tourisme humanitaire, le coté rapace du touriste, colonisateur qui modifie le tissu local avec son pognon. Il y a finalement un gros sentiment de culpabilité du voyageur envers les pays visités (du tiers monde). Je vais faire court : bullshit !! L'occident est par essence impérialiste et colonisateur et je pense qu'on exploite plus le tiers-monde chez soi en France en consommant (nourriture subventionnée par la CEE qui génère le dumping alimentaire, énergies en grande quantité, drogues) qu'en y voyageant. Voyager au tiers-monde, c'est finalement redistribuer un tout petit peu de l'argent que le système nous a obligé de leur voler pour les rétribuer finalement très modestement de ce qu'ils ont à nous apprendre ou des merveilles naturelles qu'ils nous laissent regarder."

Alors que près de 40 % des Français ne partent pas en vacances, les mobilités de loisirs sont aussi un révélateur des inégalités sociales. Les destinations se déclinent selon les classes de la société et les saisons, dessinant une géographie sociale sans cesse réinventée. Les destinations touristiques, élues par des précurseurs en quête de distinction sociale, se diffusent ensuite dans la société par imitation et démocratisation, poussant les élites du moment à inventer sans cesse de nouvelles pratiques pour demeurer à l'écart des foules. Dernière illustration du phénomène : pour 200 000 dollars par tête, il est possible depuis cette année de s'offrir un voyage dans l'espace…

En réaction à ces excès se développent des formes de tourisme alternatives, moins consommatrices et davantage respectueuses des populations et de l'environnement (écotourisme, tourisme social ou solidaire).

Ainsi on peut voir le tourisme à la fois comme un révélateur des inégalités à différentes échelles (dans le monde et au sein des sociétés) et comme une cause aggravante de ces inégalités ou comme un moyen de les réduire.

Sources :
- Sociologie du tourisme, Saskia Cousin et Bertrand Réau, La Découverte, collection Repères N° 535
- Une histoire du tourisme. D'un luxe de riches à un loisir de masse, Stéphane Lecler Alternatives économiques n°271, juillet 2008
- L'impossible voyage. Le tourisme et ses images, Marc Augé, Payot & Rivages, Paris, 1997
- La Planète disneylandisée, Sylvie Brunel, éditions Sciences Humaines, 2006


François Herrb

mercredi 9 juin 2010

11ème Café-Repaire mardi 29 juin 2010

Les Femmes : l'autre moitié de l'humanité

Animé par Jocelyne Wendling

Pour ses 1 an, le repaire a réuni environs 35 personnes sur la terrasse de l'auberge de Cléo et Marc. Les discussions se sont terminées à la lueur des bougies.

Ce jeudi 25 juin 2010, un article élogieux paru dans la presse régionale nous parle de Julie Gillard, première femme à la tête du gouvernement australien. Cette femme assume franchement son choix de célibat et son refus d'enfant pour se consacrer à la vie politique, où elle excelle apparemment. Un adversaire politique jugeait qu'une « femme délibérément stérile » ne pouvait conduire les affaires du pays. Cet exemple illustre parfaitement le propos sur l'état du féminisme et ses difficultés actuelles.

Actuellement, après les luttes qui ont suivi mai 68 et les conquêtes (contrôle des naissances, travail, égalité des droits), le constat est amère pour de nombreuses femmes. 80% des femmes en Europe conjuguent activité professionnelle et vie familiale. Les femmes constituent près de la moitié du monde du travail. Parité quantitative mais sans égalité pour autant, ni en terme de mixité dans certains secteurs, ni en terme de salaires. Le temps partiel reste leur apanage. Pour la majorité, le quotidien se résume à une course effrénée entre vie familiale et vie professionnelle, d'où elles sortent épuisées et désillusionnées.

L'inertie, le manque d'enthousiasme des hommes rappellent aux femmes que leur père, mari, patron et tous les autres n'ont pas compris où se situent leur intérêt. De nombreuses femmes rêvent d'une relation apaisée avec leurs homologues masculins mais la route semble encore longue jusqu'à vivre une véritable démocratie côte à côte. La tentation, voire l'obligation, de légiférer pour faire valoir leurs droits en représentativité autant en politique que dans les entreprises, semble inéluctable.

En ces temps de crise économique et donc sociale, les femmes sont les premières victimes en terme d'emploi, de précarité et que dire des retraites pour toutes celles qui ont cessé leur activité professionnelle pour élever leurs enfants... Il n'y a pas que les acquis sociaux qui disparaissent actuellement. Il en va de même pour les combats gagnés de leur mère. Les allocations familiales ne sont pas Pôle Emploi ! Notre société semble inopérante dès qu'il s'agit de soutenir de jeunes mères dans le combat quotidien. Peut être faudrait-il passer du concept de maternité à celui de « parentalité »: cesser de tenir la femme pour une travailleuse de second rang précarisable à merci. Accorder aux hommes, puisqu'ils sont nombreux à le souhaiter, autre chose qu'un joker de paternité...

La question de la procréation est au centre du débat. En 2009, une loi prévoyait de baisser de 40% les subventions du planning familial. Quelle place la société réserve-t-elle à la gente féminine et par ricochet à la gente masculine ? Les hommes sont-ils réellement conscients des enjeux qui se jouent ?

Une moitié de l'humanité observe l'autre. Peut être serait il temps de regarder dans la même direction et de sortir des conflits ancestraux de domination ou d'exploitation...

Livres conseillés
:
- Fausse Route d'Elisabeth Badinter
- Le livre noir de la condition des femmes
de C. Ockrent
- Paroles de Femmes
de J.P. Gueno

Jocelyne Wendling

vendredi 28 mai 2010

Nouvelle rubrique de textes en ligne

Vous trouverez dans la colonne de droite un certain nombre de textes sur des sujets qui ne concernent pas directement les thèmes abordés dans les rencontres mais qui méritent que l'on s'y arrête un instant. Ce sont essentiellement des textes d'auteurs : Albert Camus sur l'engagement, Howard Zinn sur l'histoire, Cornelius Castoriadis et Alexis de Tocqueville sur la démocratie, Auguste Blanqui sur la révolution. On trouvera aussi la seconde partie du programme du Conseil national de la Résistance qui posait en plein second conflit mondial les bases d'une société plus solidaire. Ce texte est à l'origine du modèle social français, d'où l'enjeu de sa mémoire aujourd'hui : espoir à ranimer pour les uns, danger à abattre pour les autres. Deux textes y ont été accolés et prouvent - si c'est nécessaire - son actualité brulante. Un très bon livre vient de paraître à ce sujet. Il est rédigé par un collectif d'auteurs sous la direction de l'association "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui", Les jours heureux, La Découverte, 2010. Un résumé de ce livre se trouve également dans la rubrique. On peut aussi lire l'entretient de Jean-Luc Porquet publié sur le site Article XI. Journaliste au Canard enchaîné, il est à l'origine de ce livre : http://www.article11.info/spip/spip.php?article791