mercredi 28 juillet 2010

12ème Café-Repaire




Soirée animée brillamment par François Herrb, la discussion sur le thème du tourisme a fait la part belle aussi à l'idée du voyage, de la rencontre, et même de la perte d'identité culturelle avec l'agonie du dialecte alsacien. Mais aussi du tourisme de masse, de la néo-colonisation, de l'acculturation, de l'empreinte écologique, du tourisme "solidaire", de l'aide apportée physiquement ou financièrement, ....Un compte-rendu plus consistant sera fait prochainement.

vendredi 9 juillet 2010

12ème Café-Repaire mardi 27 juillet 2010

Le tourisme, facteur aggravant ou solution aux inégalités dans le monde ?

Animé par François Herrb

Qu’est-ce que le tourisme ? Né au 17e siècle avec le Grand Tour aristocratique, ce phénomène touche aujourd’hui toutes les sociétés. Il provoque les plus importantes migrations que l'humanité ait jamais connues. 898 millions de personnes ont voyagé hors de leur pays en 2007 à des fins touristiques, selon l'Organisation mondiale du tourisme. Et l'arrivée des touristes chinois et des pays émergents devrait encore grossir ces flux dans les prochaines années. En France, le secteur du tourisme engendre 6,5% du produit intérieur brut (PIB) national.

Plébiscité comme un outil de développement économique, dénoncé comme un nouveau colonialisme, il est au cœur des débats sur la mondialisation de la culture.

Il est souvent reproché au touriste - ce "pèlerin moderne qu'aucune foi n'anime" selon l'expression du sociologue Jean-Didier Urbain - sa superficialité, son caractère grégaire, son indifférence aux sites visités, sa négation de l'art du voyage. S'y ajoute aujourd'hui une critique environnementale (destruction de sites naturels, émissions de gaz à effet de serre liées au transport) et politique (marchandisation des sites et des paysages, pratiques néocoloniales vis-à-vis des populations locales).

En réponse à cela, un commentaire parmi d’autre sur un forum consacré aux voyages :

"On lit partout les considérations éthiques sur le tourisme, le tourisme équitable, le tourisme humanitaire, le coté rapace du touriste, colonisateur qui modifie le tissu local avec son pognon. Il y a finalement un gros sentiment de culpabilité du voyageur envers les pays visités (du tiers monde). Je vais faire court : bullshit !! L'occident est par essence impérialiste et colonisateur et je pense qu'on exploite plus le tiers-monde chez soi en France en consommant (nourriture subventionnée par la CEE qui génère le dumping alimentaire, énergies en grande quantité, drogues) qu'en y voyageant. Voyager au tiers-monde, c'est finalement redistribuer un tout petit peu de l'argent que le système nous a obligé de leur voler pour les rétribuer finalement très modestement de ce qu'ils ont à nous apprendre ou des merveilles naturelles qu'ils nous laissent regarder."

Alors que près de 40 % des Français ne partent pas en vacances, les mobilités de loisirs sont aussi un révélateur des inégalités sociales. Les destinations se déclinent selon les classes de la société et les saisons, dessinant une géographie sociale sans cesse réinventée. Les destinations touristiques, élues par des précurseurs en quête de distinction sociale, se diffusent ensuite dans la société par imitation et démocratisation, poussant les élites du moment à inventer sans cesse de nouvelles pratiques pour demeurer à l'écart des foules. Dernière illustration du phénomène : pour 200 000 dollars par tête, il est possible depuis cette année de s'offrir un voyage dans l'espace…

En réaction à ces excès se développent des formes de tourisme alternatives, moins consommatrices et davantage respectueuses des populations et de l'environnement (écotourisme, tourisme social ou solidaire).

Ainsi on peut voir le tourisme à la fois comme un révélateur des inégalités à différentes échelles (dans le monde et au sein des sociétés) et comme une cause aggravante de ces inégalités ou comme un moyen de les réduire.

Sources :
- Sociologie du tourisme, Saskia Cousin et Bertrand Réau, La Découverte, collection Repères N° 535
- Une histoire du tourisme. D'un luxe de riches à un loisir de masse, Stéphane Lecler Alternatives économiques n°271, juillet 2008
- L'impossible voyage. Le tourisme et ses images, Marc Augé, Payot & Rivages, Paris, 1997
- La Planète disneylandisée, Sylvie Brunel, éditions Sciences Humaines, 2006


François Herrb

mercredi 9 juin 2010

11ème Café-Repaire mardi 29 juin 2010

Les Femmes : l'autre moitié de l'humanité

Animé par Jocelyne Wendling

Pour ses 1 an, le repaire a réuni environs 35 personnes sur la terrasse de l'auberge de Cléo et Marc. Les discussions se sont terminées à la lueur des bougies.

Ce jeudi 25 juin 2010, un article élogieux paru dans la presse régionale nous parle de Julie Gillard, première femme à la tête du gouvernement australien. Cette femme assume franchement son choix de célibat et son refus d'enfant pour se consacrer à la vie politique, où elle excelle apparemment. Un adversaire politique jugeait qu'une « femme délibérément stérile » ne pouvait conduire les affaires du pays. Cet exemple illustre parfaitement le propos sur l'état du féminisme et ses difficultés actuelles.

Actuellement, après les luttes qui ont suivi mai 68 et les conquêtes (contrôle des naissances, travail, égalité des droits), le constat est amère pour de nombreuses femmes. 80% des femmes en Europe conjuguent activité professionnelle et vie familiale. Les femmes constituent près de la moitié du monde du travail. Parité quantitative mais sans égalité pour autant, ni en terme de mixité dans certains secteurs, ni en terme de salaires. Le temps partiel reste leur apanage. Pour la majorité, le quotidien se résume à une course effrénée entre vie familiale et vie professionnelle, d'où elles sortent épuisées et désillusionnées.

L'inertie, le manque d'enthousiasme des hommes rappellent aux femmes que leur père, mari, patron et tous les autres n'ont pas compris où se situent leur intérêt. De nombreuses femmes rêvent d'une relation apaisée avec leurs homologues masculins mais la route semble encore longue jusqu'à vivre une véritable démocratie côte à côte. La tentation, voire l'obligation, de légiférer pour faire valoir leurs droits en représentativité autant en politique que dans les entreprises, semble inéluctable.

En ces temps de crise économique et donc sociale, les femmes sont les premières victimes en terme d'emploi, de précarité et que dire des retraites pour toutes celles qui ont cessé leur activité professionnelle pour élever leurs enfants... Il n'y a pas que les acquis sociaux qui disparaissent actuellement. Il en va de même pour les combats gagnés de leur mère. Les allocations familiales ne sont pas Pôle Emploi ! Notre société semble inopérante dès qu'il s'agit de soutenir de jeunes mères dans le combat quotidien. Peut être faudrait-il passer du concept de maternité à celui de « parentalité »: cesser de tenir la femme pour une travailleuse de second rang précarisable à merci. Accorder aux hommes, puisqu'ils sont nombreux à le souhaiter, autre chose qu'un joker de paternité...

La question de la procréation est au centre du débat. En 2009, une loi prévoyait de baisser de 40% les subventions du planning familial. Quelle place la société réserve-t-elle à la gente féminine et par ricochet à la gente masculine ? Les hommes sont-ils réellement conscients des enjeux qui se jouent ?

Une moitié de l'humanité observe l'autre. Peut être serait il temps de regarder dans la même direction et de sortir des conflits ancestraux de domination ou d'exploitation...

Livres conseillés
:
- Fausse Route d'Elisabeth Badinter
- Le livre noir de la condition des femmes
de C. Ockrent
- Paroles de Femmes
de J.P. Gueno

Jocelyne Wendling

vendredi 28 mai 2010

Nouvelle rubrique de textes en ligne

Vous trouverez dans la colonne de droite un certain nombre de textes sur des sujets qui ne concernent pas directement les thèmes abordés dans les rencontres mais qui méritent que l'on s'y arrête un instant. Ce sont essentiellement des textes d'auteurs : Albert Camus sur l'engagement, Howard Zinn sur l'histoire, Cornelius Castoriadis et Alexis de Tocqueville sur la démocratie, Auguste Blanqui sur la révolution. On trouvera aussi la seconde partie du programme du Conseil national de la Résistance qui posait en plein second conflit mondial les bases d'une société plus solidaire. Ce texte est à l'origine du modèle social français, d'où l'enjeu de sa mémoire aujourd'hui : espoir à ranimer pour les uns, danger à abattre pour les autres. Deux textes y ont été accolés et prouvent - si c'est nécessaire - son actualité brulante. Un très bon livre vient de paraître à ce sujet. Il est rédigé par un collectif d'auteurs sous la direction de l'association "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui", Les jours heureux, La Découverte, 2010. Un résumé de ce livre se trouve également dans la rubrique. On peut aussi lire l'entretient de Jean-Luc Porquet publié sur le site Article XI. Journaliste au Canard enchaîné, il est à l'origine de ce livre : http://www.article11.info/spip/spip.php?article791

mercredi 28 avril 2010

10ème Café-Repaire mardi 25 mai 2010

Pourquoi les pauvres votent à droite ?

Animé par Matthias

Une vingtaine d'AMG se sont retrouvés durant près de 3h pour échanger autour de ce thème.

Pourquoi les pauvres votent à droite est le titre d’un ouvrage de Thomas Frank (journaliste et essayiste américain) paru aux Etats-Unis en 2004 et en France en 2008. Il analyse le basculement du Kansas (Etat pauvre de tradition Démocrate) dans le camp Républicain. Serge Halimi a ensuite étendu l’analyse à la France dans plusieurs articles du Monde diplomatique ainsi que dans la préface à l’édition française du livre.

La formulation de cette question est délibérément provocatrice. Frank écrit avec humour :

Depuis des décennies, les Américains assistent à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censée renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « Laissez-nous réduire vos impôts ! »

Il ne s’agit en aucune manière d’une stigmatisation des classes populaires, bien au contraire. Le sujet aurait pu être formulé de manière plus consensuelle (par exemple : Comment un pauvre peut-il être de droite ?) mais il aurait été dommage de se priver d’un intitulé qui nous interpelle et nous questionne d’emblée. Il s'agit en réalité moins des pauvres que de la stratégie politique de la droite et la question aurait très bien pu aussi être : Comment la droite a-t-elle réussi à susciter l’adhésion populaire en dépit d’une politique foncièrement favorable aux riches ?

La réponse à cette question est passionnante dans le cas des Etats-Unis. Pour faire passer leur programme économique réactionnaire, les Républicains conservateurs ont utilisé la fibre morale, se posant en défenseurs des valeurs traditionnelles de l’Amérique (nationalisme, puritanisme, religiosité) afin de masquer les véritables enjeux économiques et sociaux de leurs politiques. L’exemple du Kansas est particulièrement éclairant :

Prenez le Kansas, État agricole du Midwest, à la fois incarnation de l’Amérique profonde et en même temps terre politique radicale, autrefois bastion de la lutte anti-esclavagiste puis foyer des mouvements ouvriers comme les IWW. Et aujourd’hui ? État ruiné par les multinationales, le Kansas, surtout dans les comtés populaires, vote résolument pour la droite la plus réactionnaire. Thomas Frank montre comment les républicains ont habilement focalisé le débat sur des questions culturelles – l’avortement, la foi, le mode de vie – et non plus économiques. De pauvres rednecks hypothèquent leur maison pour soutenir des politiciens millionnaires qui les haranguent dans un langage populacier, leur vantent les vertus de l’Amérique profonde, celle « des packs de bière et des barbecues », condamnent les démocrates qui offensent Dieu par l’évolutionnisme et l’avortement, et méprisent l’Amérique éternelle en appréciant les sushi. Mais une fois élu, ces républicains appliquent un programme ultra-libéral : « Votez contre l’avortement et vous aurez le démantèlement de l’aide sociale » résume Frank.

Il est évidemment extrêmement intéressant pour nous d’élargir cette analyse à la France :

Selon Halimi et Frank, le pilonnage que subit la classe ouvrière du monde entier, la guerre de classes enclenchée par l’hyperbourgeoisie mondiale depuis une trentaine d’années ont fait se réfugier le prolétariat, et une bonne partie des classes moyennes, vers un nouvel opium du peuple, celui d’un “univers moral” complètement fabriqué par la superstructure. Les questions socio-économiques ont été laissées en déshérence parce que les dirigeants ont eu « l’habileté de mettre en avant leur conservatisme sur le terrain des valeurs. » Pendant sa campagne électorale, Sarkozy a fait oublier qu’il était le représentant et l’agent des forces d’exploitation et a rassuré en faisant appel à de prétendues valeurs fondamentales, à de prétendus comportements anciens. Les milliardaires réunis au Fouquet’s ont noyé dans le Champagne une victoire qui n’aurait pas été possible sans le vote à droite de nombreux chômeurs d’Hénin-Beaumont. Pour faire passer les cadeaux à ses amis Bouygues et Bolloré, Sarkozy a su dresser le prolétariat et les petites classes moyennes tantôt contre les “nantis” résidants à l’étage du dessus (employés avec statuts, syndicats et “régimes spéciaux”) ; tantôt contre les “assistés” relégués un peu plus loin ; ou contre les deux à la fois. La gauche traditionnelle fut incapable de contrer le discours sarkozien, terrorisée à l’idée d’être taxée de populisme. Vingt ans de TF1 privatisée ont également fait oublier aux catégories populaires qu’il pouvait exister des luttes collectives pour les salaires, pour une gestion démocratique des entreprises, pour une éducation nationale qui ne serait pas au service du patronat.

On trouve donc parmi les pistes d’explication : les tactiques politiques de la droite, les renoncements économiques et sociaux de la gauche et de la classe moyenne, le contrôle de l’école et des médias par les classes dominantes, l’effacement de la conscience de classe dans les têtes parmi ceux qui souffrent le plus du système en place, etc.

Cette question revêt bien entendu un aspect tactique important puisque la compréhension des mécanismes du vote populaire à droite est la base de toute lutte (à gauche ?) contre les manipulations du discours dominant.

Quelques références :

- Le livre de Thomas Frank, Pourquoi les pauvres votent à droite ? Comment les conservateurs ont gagné le cœur des États-Unis (et celui des autres pays riches), Agone, 2008. On peut lire les articles de la revue de presse sur le site des éditions Agone : http://atheles.org/agone/contrefeux/pourquoilespauvresvotentadroite/

- Deux articles de Serge Halimi dans le Monde diplomatique : au moment des élections présidentielles aux Etats-Unis en 2004 (http://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/HALIMI/11549) puis au moment des élections présidentielles en France en 2007 (http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1167&var_recherche=identit%E9+nationale)

- Le livre de François Ruffin, La guerre des classes, Fayard, 2008. Il faut absolument lire le livre (à défaut on trouve sur internet l’introduction : http://media.la-bas.org/IMG/La_guerre_des_classes-prologue.pdf) et écouter l’émission de Mermet à son sujet : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1519

Matthias

Document de présentation :
www.lesvertsguebwiller.com/caferepaireflorival/pauvredroite.pdf

mercredi 31 mars 2010

9ème Café-Repaire mardi 27 avril 2010

La convivialité

Proposé par Dominique

Soirée très conviviale commencée en musique avec Dominique et Chris, puis des textes lus par François et Marc, un texte donné par Matthias (Camus, La Peste - la confession de Tarrou), quelques blagues et des bonnes bouteilles, des gâteaux amenés, des discussions "conviviales", une soirée très agréable pour la vingtaine de personnes présentes et qui fut un moment de respiration alors que nous nous "connaissons" un peu maintenant depuis près d'un an en nous voyant régulièrement dans ce "café-repaire"...

Annick a été sollicité pour son fameux cake qu'elle avait ramené, donc voici ci-dessous sa recette (secrète et qui donc ne l'est plus !!!) : Coffee Cake à la Rhubarbe

Les coffee cakes accompagnent une bonne tasse de café ; le café américain remplit une fonction culturelle spécifique aux États-Unis. Comme tout le monde le sait, le café américain n'est pas le même que le café français ou italien mais ressemble plutôt au café hollandais, belge ou allemand. Il s'agit d'une boisson différente, bue en d'autres occasions que le café français. Par exemple, des voisins s'invitent à prendre a cup of coffee au milieu de la matinée ; au bureau il y a une pause café, on dine tôt et en famille, mais on reçoit volontiers après le diner autour d'un cup of coffee. Ces moments sont souvent accompagnés d'un gâteau, pas trop sucré, et pas trop sophistiqué : le coffee cake.

Ingrédients :
300 gr farine
250 gr sucre vergeoise (sucre roux)
125 gr beurre ramolli
1 oeuf
2 yaourts nature
1 cuillère à café de bicarbonate de soude
1,5 cuillère à café de vanille liquide
1 pincée de sel
300 gr rhubarbe
1 cuillère à café de cannelle
4 cuillères à soupe de sucre

Préparation :
Préchauffer le four à 5. Travailler le beurre avec le sucre vergeoise. Quand le mélange est homogène, incorporer l'oeuf et la vanille. Par ailleurs mélanger la farine, le sel et le bicarbonate. Ajouter à l'appareil beurre-sucre, en deux fois et en alternant, la farine et le yaourt. Ne pas trop mélanger. Ajouter la rhubarbe, épluchée et coupée en morceaux, et remuer juste assez pour l'incorporer. Verser dans un moule rectangulaire (25 x 30cm environ). Mélanger 4 cuillères à soupe de sucre avec une cuillère à café de cannelle et en saupoudrer la pâte. Faire cuire pendant 40 min.

AUTRE PROPOSITION
Création d'un lieu de rencontre, de convivialité.
Le but est de changer le quotidien. Ce qui manque le plus de nos jours, étant donné l'évolution sociale, c'est des moments de rencontre, de partages et d'expression, libre de tout contexte à des fins lucratives. Il faut un lieu qui soit prêté par la mairie car c'est la fonction de la mairie de favoriser la vie sociale. Ou bien : c'est créer une amicale comme d'autres le font. Par exemple l'amicale des portugais, des pêcheurs ou des joueurs de pétanque. Dans ce lieu qui serait autogéré, il y aurait la possibilité de se restaurer, de s'informer, et de s'exprimer. Il y aurait une salle pour bavarder mais aussi des conférences ou des débats. Il y aurait une librairie attenante ou chacun pourrait y amener les livres qu'il voudrait voir circuler. Il y aurait aussi des journaux d'informations sur les activités locales, nationales ou internationales. Création aussi d'un journal /bulletin avec des infos utiles. Il y aurait des petits concerts des beufs et des teufs. Projections de vidéos personnelles et artistiques, souvenirs de voyage et autres créations. Possibilité d'échange de savoir, sous forme de cours ou d'ateliers. Danse, Yoga, Arts martiaux ? Créations de spectacles vivant, sans autres prétentions que de passer un bon moment. Humour obligatoire. Boite à idées. Echanges de bons tuyaux (boulots, adresse à l'étranger). Donc lieu où en permanence il y aurait de la vie et des rencontres. Ouvert le plus souvent possible. Il existe des lieux similaires en Suisse et en Allemagne : Reithalle (Berne), Rotefabrik (Zurich). Ils sont devenus des centres culturels incontournables et reconnus. D'autres lieux restent à découvrir en Europe possibilité de partage d'informations avec ces lieux et gens. Souscrire au projet : Nom et adresse pour créer l'association de base. Promesse de dons, sous forme liquide ou de mobilier ou d'objets pouvant etre utiles : frigo, cafetière, chaises, fauteuils. Voir la forme juridique la plus adaptée. Association loi 1901 ? Se réunir pour en discuter.

mercredi 24 février 2010

8ème Café-Repaire mardi 30 mars 2010

L'anarchisme, une autre manière de voir : comprendre, proposer, imaginer

Animé par Marc et Matthias

En guise d’introduction on peut citer la présentation du petit livre de Normand Baillargeon qui s’intitule L’ordre moins le pouvoir : histoire et actualité de l’anarchisme.

Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n’est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l’idée d’anarchisme. En première approximation, disons que l’anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l’idée d’antiautoritarisme, c’est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d’autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d’Espagne disait le plus simplement du monde : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.” On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l’a donc ni pardonné ni admis.

Que chacun d’entre nous réfléchisse à ce que signifie pour lui l’anarchisme. Y compris à gauche, ce mouvement d’idée n’est pas très connu et même souvent caricaturé. Hors, l’anarchisme ce n’est pas le terrorisme, ni même le chaos, c’est avant tout une autre manière de voir.

Quel est l’intérêt pour nous de parler d’anarchisme aujourd’hui ? Que nous apportent les auteurs anarchistes ? Il y a selon nous trois réponses à ces questions, qui peuvent constituer les 3 thèmes directeurs de la soirée.

1. Comprendre comment fonctionne notre société

Les anarchistes proposent d’abord une autre manière de voir la société, un regard critique sur le système politique et économique. Il est toujours difficile de porter un regard objectif sur quelque chose de proche. Lire les anarchistes permet de prendre du recul, de mieux appréhender les choses. Par exemple, lorsqu’on lit les anarchistes du 19ème siècle, on est frappé par l’actualité et la lucidité de leurs critiques de la société industrielle. Or comme les choses n’ont pas radicalement évoluées, cette lecture se révèle essentielle pour nous aujourd’hui.

2. Proposer une vision alternative

Les anarchistes envisagent également une autre société possible, une autre manière de vivre ensemble. Le système dans lequel on vit n’est pas issu d’une loi de la nature, c’est le produit de l’histoire, autrement dit il évolue et peut donc être changé. Les anarchistes ont décrit assez précisément à quoi pourrait ressembler une autre manière de vivre ensemble, un autre système politique et économique. Mais en même temps - et contrairement aux marxistes - ils ne souhaitent pas définir trop précisément cet "autre monde" parce qu’ils croient à la capacité créatrice de l'action révolutionnaire. Comme l’explique Bakounine à propos de l’organisation politique.

Il est impossible de déterminer une norme concrète, universelle et obligatoire pour le développement ultérieur et pour l’organisation politique des nations ; l’existence de chacune étant subordonnée à une foule de conditions historiques, géographiques, économiques différentes et qui ne permettront jamais d’établir un modèle d’organisation, également bon et acceptable pour toutes. Une telle entreprise, absolument dénuée d’utilité pratique, porterait d’ailleurs atteinte à la richesse et à la spontanéité de la vie qui se plaît dans la diversité infinie, et serait contraire au principe même de la liberté. Pourtant il est des conditions essentielles, absolues en dehors desquelles la réalisation pratique et l’organisation de la liberté seront toujours impossibles.

3. Imaginer la transition entre la situation actuelle et les changements futurs

Enfin, les anarchistes nous permettent de réfléchir à la manière de passer de notre système actuel à un autre système. C’est sans doute sur ce thème que les anarchistes sont les plus originaux et malheureusement aussi les moins connus. Contrairement aux marxistes qui envisagent de prendre l’Etat afin de changer les choses par le haut, les anarchistes pensent que la seule manière de changer réellement les hommes (et le système du même coup), c’est de le faire par le bas, par l’association des individus qui progressivement prennent ensemble des décisions, participent au processus politique et s’organisent les uns avec les autres.

Historiquement, les idées anarchistes plongent leurs racines dans le 18ème siècle et le rationalisme des Lumières mais ne se développent réellement qu’au 19ème siècle avec le mouvement ouvrier avant de disparaître plus ou moins au 20ème siècle où l’on retrouve néanmoins de grands penseurs anarchistes mais qui n’ont pas eu d’influence réelle sur l’opinion publique. Parmi les théoriciens les plus importants de la philosophie politique anarchiste on peut citer : Pierre-Joseph Proudhon, Michel Bakounine, Louise Michel, Pierre Kropotkine, Bertrand Russell, Howard Zinn et Noam Chomsky.

Quelques références pour une première approche de l’anarchisme : le livre de Normand Baillargeon, L’ordre moins le pouvoir : histoire et actualité de l’anarchisme aux Editions Agone, le film de Daniel Mermet et d’Olivier Azam Chomsky et Cie, et le dossier sur l’anarchisme dans le Monde diplomatique du mois de janvier 2009.

Écoutons Michel Bakounine (1814-1876) qui explique quel est son objectif ultime :

Ce but, cet idéal, aujourd’hui mieux conçus que jamais, peuvent se résumer en ces mots : c’est le triomphe de l’humanité, c’est la conquête et l’accomplissement de la pleine liberté et du plein développement matériel, intellectuel et moral de chacun, par l’organisation absolument spontanée et libre de la solidarité économique et sociale aussi complète que possible pour tous les être humains vivant sur la terre…

Paul Ariès souligne aujourd'hui l'actualité de la pensée anarchiste dans son livre La simplicité volontaire contre le mythe de l'opulence

Nous ne pouvons espérer dépasser ce vent de pessimisme que si nous nous mettons à l'écoute des forces de vie qui ont toujours parcouru le mouvement social. Nous devons réveiller aujourd'hui cette gauche antiproductiviste enfantée par la lecture de Leroux, Kropotkine, Bakounine, Proudhon, Louise Michel et Elisée Reclus.

L'anarchisme, une utopie ? Et finalement qu'est-ce qu'une utopie ?

- On peut considérer l’utopie comme quelque chose qui ne s’est simplement pas encore réalisé.

Théodore Monod disait : "L'utopie c’est simplement ce qui n'a pas encore été essayé"

Dans le film Héros fragiles sur le coup d’Etat de 1973 au Chili, l’un des anciens compagnon d’Allende dit à Emilio Pacull (le réalisateur) : "et ce que tu appelles utopie, il faudra que ca deviennent possible"

- Si on ne partage pas cet idéalisme, on peut malgré tout considérer que l’utopie - même si elle ne se réalise pas - est utile parce qu’elle nous aide à avancer.

Bakounine dit : "c'est en cherchant l'impossible que l'homme a toujours réalisé et reconnu le possible, et ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait le possible n'ont jamais avancé d'un seul pas."

Dans le même esprit, Charlie Chaplin : "Il faut tendre vers l’impossible. Les grands exploits à travers l’histoire ont été la conquête de ce qui semblait impossible."

Enfin René Char : "L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne."

Document de présentation + textes de Proudhon et de Bakounine :
www.lesvertsguebwiller.com/caferepaireflorival/anarchisme.pdf

mercredi 25 novembre 2009

7ème Café-Repaire mardi 23 février 2010

Le revenu inconditionnel d'existence

Animé par Véronique Wurth et Gérard Prat



Une bonne trentaine de personnes se sont retrouvées sur les hauteurs du fond de vallée dans la chaleureuse auberge de Cléo et Marc pour une discussion très animée comme d'habitude après une introduction du thème par les animateurs de la soirée.

Contenu : Un revenu d'existence, « Grundeinkommen », initiera une des réformes de société essentielle à plus d'un titre :
- Il modifie de façon radicale la distribution primaire des revenus aux bénéficiaires du simple fait de leur existence, sans autre justification.
- De part sa simplicité et sa transparence, il évite tout passe-droit et limite la bureaucratie
- Il ne constitue en aucun cas une désincitation au travail, toute activité rémunérée procure un revenu supplémentaire (contrairement au minima sociaux)
- Il donne à chacun l'assurance d'un minimum garanti, en toutes circonstances quels que soient les aléas de la vie, à une époque où le plein emploi ne peut plus être assuré tout au long de la vie.
Montants : Plusieurs écoles ont proposé des montants allant de 300 à 1200 € selon des hypothèses qui leur sont propres.
Liste non exhaustive d'aides actuellement délivrées : RMI - API - Allocations Familiales - Allocation de rentrée scolaire - Aides au Logement - Prestations Jeune Enfant - Bourses d'études - Prime pour l'Emploi-CMU - Cartes de familles nombreuses - Aide au transport des collégiens -Exonération de taxes - tarifs préférentiels - Plus de 20 régimes de retraite de base en France...
Sites à consulter : A.l.R.E.
Association pour l'Instauration d'un Revenu d'Existence
www.revenudexistence.org www.aHocationunviverselle.com
Parti politique belge VIVANT
Allocation Universelle Wikipédia
« Grundeinkommen » le film de Daniel Hàni et Enno Schmitt
Lecture : Une clémente économie, au delà du revenu d'existence Yoland BESSON - L'Esprit Frappeur

lundi 9 novembre 2009

6ème Café-Repaire mardi 24 novembre 2009

Il faut, je dois, je choisis... suis-je libre ?

Animé par Ginou Zandonella



Plus de quarante personnes se sont retrouvées une fois de plus dans l'auberge de montagne du Remspach-Linthal où Cléo et Solange nous ont accueillis très chaleureusement.
Toujours des nouvelles personnes qui se joignent à un noyau de fidèles qui reviennent régulièrement.

COMPTE-RENDU SYNTHETIQUE :
« IL FAUT... JE DOIS... JE CHOISIS !!!!!
Pourquoi ce thème ? Dans nos discussions, pour résoudre un problème, nous utilisons les termes : « Il faut… on doit... ». Combien de fois par jour utilisons nous ces termes, et à quelles occasions ? Quand j’utilise ces termes à quoi est ce que je me réfère ? Si c’est moi qui choisis de faire tel ou tel acte, de victime je deviens acteur, et plus convaincant.

On peut distinguer 2 niveaux :
• celui de la règle admise et légiférée par la société : ex. les syndicats se battent pour protéger les droits des travailleurs
• celui du choix personnel que je fais, là où je peux exercer ma liberté et accepter les conséquences de mes choix : ex. si je décide de ne pas appliquer une loi, je peux être jugé
Dans les 2 cas tout choix implique un renoncement à des possibilités et l’acceptation de limites

A° Les obstacles à ma liberté de choix :
Les peurs :
- peur de perdre son emploi si l’on n’obéit pas aux ordres
- peur de perdre sa liberté
- peur de prendre des décisions en laissant cela à mon chef
- autant de peurs ont été mises en évidence, qui sont des obstacles à mes choix libres.

B° Comment palier aux peurs ?
1° Par le travail personnel sur soi :
• déceler et prendre conscience des peurs que j’ai (aspect sécuritaire)
• prendre conscience de la façon dont je m’exprime : si je dis « il faut que tu fasses », cela n’a pas le même impact que si je dis : « cela aura du sens pour toi si tu faisais… »
2° Au niveau collectif :
• en créant des solidarités
• en sortant du système du libéralisme qui oppose liberté et solidarité (problématique de l’assurance santé aux USA)
• en responsabilisant les acteurs dans l’entreprise (danger des manipulations cependant)
• en devenant consommateur, conscient de son pouvoir, d’acheter ou non (essayer d’aller à l’essentiel avec 1/3 de ce que l’on a)
Question posée : que fait-on de l’argent non utilisé ?
3°Choisir implique :
• d’imaginer des solutions nouvelles et sortir des structures de pensées en ISME (libéralisme,communisme,christianisme…)
* approfondir sans arrêt ses connaissances : (vaccins,…)
• d'éduquer l’enfant très jeune (apprendre et comprendre des attitudes très jeune : ex. tri de déchets)
- Veiller à ne pas modeler un enfant : « il doit être ainsi » mais en étant authentique et en affirmant ses choix propres, donner l’exemple et non tenir un discours
- Créer des groupes de parents qui sortent les adultes de leur solitude et doutes (les parents et enseignants sont démunis actuellement car leur autorité n’est plus reconnue d’office)
- Permettre un accès à la culture, les choix en ce domaine demandent une énergie, une connaissance, une ouverture.

L’action collective (se regrouper, imaginer, éduquer…) implique une action personnelle sur soi (comprendre nos schémas psychologiques) pour pouvoir sortir des devoirs , et choisir en devenant véritablement des acteurs qui œuvrent ensemble,toutes générations confondues.

compte-rendu fait par Françoise Kienlen (et rédigé par Guy)

lundi 12 octobre 2009

5ème Café-Repaire mardi 27 octobre 2009

Engagement citoyen, engagement associatif, engagement politique

Animé par Christian Weiss

MOTIVATIONS A S'ENGAGER
- elles sont diverses. Par altruisme pour certains (es), se mettre au service des autres et pas au sien, par ambition personnelle pour d'autres, être le 1er ; par idéologie aussi, religieuse par exemple ou politique, ou pour profiter d'avantages personnels. L'engagement, à priori au service et pour le bien des autres, peut vite s'éloigner de ces déclarations d'intention. Il y a des dérives, il y en a trop et dans beaucoup de domaines, y compris l'associatif.
- Avant de s'engager, une introspection personnelle devrait être faite au préalable à l'engagement, pour être clair avec soi-même et avec celles et ceux vers lesquels l'engagement est pris. Se situer d'abord soi, qu''est-ce que je veux, pour quoi, pour qui ... ? Quelles sont mes motivations profondes ? Sont-elles en accord avec ce que je suis, avec les buts de l'association dans laquelle je m'engage, par exemple.
- S'engager, c'est s'intéresser aux autres, aller vers les autres, être à leur écoute, recevoir aussi,
- C'est aussi partager des convictions avec d'autres personnes, sachant qu'on ne peut rien changer seul.
- S'engager, c'est faire acte de citoyenneté, s'engager dans la vie publique, la res publica.
- pour certains (es), l'action individuelle au quotidien suffit et a valeur d'engagement, pas besoin de rentrer dans un système

L'ENGAGEMENT : UN ACTE POLITIQUE ?
- c'est un acte politique au sens premier du terme, quelque soit cet engagement qu'il soit associatif, politique ... ou de simple citoyen par ses actes quotidien, notamment la manière de consommer ou de ne pas consommer ...
- c'est avoir le courage de s'exposer aux autres, sachant que seul on ne peut pas y arriver et si personne ne s'engage ... C'est aussi le risque d'être déçu.
- pression populaire forte = démarche opérante pour infléchir des décisions, avec le relais de partis politiques
- exemple : les Amap : cela permet de sortir des sentiers habituels de la consommation qu'on nous propose (impose), consommer local, des produits sains, en rencontrant producteurs et consommateurs ... mais cela dérange les élus et leurs positions vis à vis des commerçants, notamment des grandes surfaces à qui ils acceptent bien volontiers des extensions ...
- 1 flocon de neige sur une branche, pas d'effet, mais si 50 000, la branche casse (l'union fait la force).

COMMENT S'ENGAGER ?
- pas de voie normale pour l'engagement . Cela peut être une initiative personnelle, ou se faire par le biais de connaissances, d'amis ...
- difficultés à faire le bon choix, par exemple l'adhésion à un parti politique.

VALEUR DE L'ENGAGEMENT
- avoir une société civile forte, des contre-pouvoirs
- pour certains (es), l'action individuelle au quotidien suffit et a valeur d'engagement (si tout le monde le faisait ...), pas besoin de rentrer dans un système de représentation. Des petites victoires suffisent pour avancer
- pour d'autres, l'action collective est irremplaçable, notamment pour lutter contre les injustices, le goût du pouvoir, de l'argent ... L'individu à lui tout seul ne peut changer une société en profondeur. Et aujourd'hui, plus que jamais, les enjeux sociaux, environnementaux, politiques ....sont gigantesques.
- s'engager dans la vie syndicale, être juge des Prud'hommes pour défendre et rétablir les droits des salariés en France, rétablir des injustices, le faire de façon bénévole et avec professionnalisme, c'est une valeur inestimable, et une autre forme d'engagement
- être élu socialiste et payer l'ISF ? Cohérence ?
- Pierre Rahbi : "je fais ma part"
- l'élu doit venir de la base, pas parachuté, cf les Etats généraux, le tiers-état en 1789. Revenir aux notions essentielles qui fonde une démocratie.

UNE CRISE DE L'ENGAGEMENT ? COMMENT M'INFORMER OBJECTIVEMENT ?
- je n'ai pas la possibilité de suffisamment m'informer, ou cet accès ne m'est pas donné. Exemple du Référendum sur l'Europe. Comment avoir un esprit critique, se faire une opinion permettant un choix en toute connaissance de cause sans avoir les informations nécessaires ? On dirait que tout est fait pour que les citoyens n'en sachent qu'un minimum. Pourtant, il est possible de lire le traité, d'avoir accès à l'information, chercher l'information la plus objective et complète, c'est aussi cela s'engager. Mais tout le monde en a-t-il les moyens ? Ce n'est peut-être pas à la portée de tout le monde.. Et si le but, justement, était de maintenir les gens dans une certaine ignorance ? L'éducation que les parents peuvent donner à leurs enfants permet de développer très jeunes esprit critique, curiosité intellectuelle, sens de l'engagement mais là encore ce n'est pas le cas dans toutes les familles. Le niveau social est-il un critère ? Et l'école joue-t-elle encore ce rôle ?
- l'action syndicale a toujours toute sa valeur, mais le taux de syndicalisation est de l'ordre de 6 à 8 % aujourd'hui en France (alors qu'il était de l'ordre de 40 % après guerre). Pourquoi une telle fuite de l'engagement alors que les droits des salariés sont plus que jamais bafoués, que les reculs sociaux se multiplient en même temps que les fermetures d'usine, les délocalisations ... ?
- en politique, crise de confiance forte vis à vis des élus, de ceux qui nous représentent. A croire que dès qu'on est élu, on rentre dans le moule du pouvoir, de la politique politicienne, du goût de l'argent ...
- envie que tout cela change, que ce soit au niveau syndical, politique.
Frustration que la société civile ne puisse pas avoir plus de poids. Exemple de la privatisation de la Poste, d'Edf ... le pouvoir décide contre l'avis majoritaire. Mais le problème, c'est qu'on continue à élire ces mêmes élus. Pourquoi ne laisse-t-on pas une chance à un parti dont le programme respecte les valeurs auxquelles la majorité de la population aspire ? A-t-on peur du changement à ce point ? Exemple de l'Islande qui est un pays exsangue financièrement aujourd'hui, dont la population a jeté dehors les élus libéraux d'hier qui les ont menés à la faillite et qui étaient au service des pouvoirs économiques, et qui se tournent aujourd'hui vers les partis de gauche comme les Verts, par exemple. Mais quel cadeau empoisonné pour ces élus. N'attendons pas la crise, ou plutôt l'accentuation de la crise pour faire les bons choix.
- valeur du bulletin de vote. Pour certains (es) plus aucune, pour d'autres au contraire c'est par là que le changement viendra ... ou aussi malheureusement par de nouvelles crises sociales et écologiques. Mais si je ne vote pas, d'autres le feront à ma place
- constat que les gens sont endormis par les médias, notamment les télévisions, et que les hommes politiques en usent et en abusent. Les effets de Com remplacent les décisions et les débats de fond.
- phénomène d'imitation des classes sociales vers le mode de vie des plus riches,. Ces derniers exploitent à merveille cette aspiration, pour leurs bénéfices.
- Marx a dit que "tout enrichissemnt ne peut venir que du travail" et Albert Jacquard a également décrit les effets pervers des dérives financières , notamment du pourcentage par rapport aux intérêts cumulés ...L'argent tient le monde. Opter pour une banque coopérative, ok, permet un choix de consommation différent. Mais pb, très peu d'offres. Le Crédit coopératif ok, mais appartient quand même au groupe Banque Populaire. Et les banques mutualistes sont allées comme les autres sur les marchés financiers. Dérives, absences de contrôles, de contre pouvoirs, ...
- pillage des ressources des pays africains par les occidentaux au détriment des habitants : combien d'enfants n'ont jamais bu un verre d'eau claire ?
- où est l'intellectuel aujourd'hui, celui dénonce ... ? On manque de saltimbanques (saltimbanques, euh, humour), de poètes, de rêveurs.
- commerce équitable : l'est-il vraiment ? Question pas tranchée.
- débat sur l'identité nationale : qui va se lever ? Qui va aller dans la rue ? S'opposer ? Les empêcher de tenir les débats ? Qui va dénoncer le fond malsain de ce débat ?
- ne pas sous estimer la capacité des MultiNationales à récupérer le bio. Déjà la notion de développement durable engendre d'incroyables dérives et manipulations

(Compte-rendu rédigé par Patrice Knorr )