vendredi 28 mai 2010

Nouvelle rubrique de textes en ligne

Vous trouverez dans la colonne de droite un certain nombre de textes sur des sujets qui ne concernent pas directement les thèmes abordés dans les rencontres mais qui méritent que l'on s'y arrête un instant. Ce sont essentiellement des textes d'auteurs : Albert Camus sur l'engagement, Howard Zinn sur l'histoire, Cornelius Castoriadis et Alexis de Tocqueville sur la démocratie, Auguste Blanqui sur la révolution. On trouvera aussi la seconde partie du programme du Conseil national de la Résistance qui posait en plein second conflit mondial les bases d'une société plus solidaire. Ce texte est à l'origine du modèle social français, d'où l'enjeu de sa mémoire aujourd'hui : espoir à ranimer pour les uns, danger à abattre pour les autres. Deux textes y ont été accolés et prouvent - si c'est nécessaire - son actualité brulante. Un très bon livre vient de paraître à ce sujet. Il est rédigé par un collectif d'auteurs sous la direction de l'association "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui", Les jours heureux, La Découverte, 2010. Un résumé de ce livre se trouve également dans la rubrique. On peut aussi lire l'entretient de Jean-Luc Porquet publié sur le site Article XI. Journaliste au Canard enchaîné, il est à l'origine de ce livre : http://www.article11.info/spip/spip.php?article791

mercredi 28 avril 2010

10ème Café-Repaire mardi 25 mai 2010

Pourquoi les pauvres votent à droite ?

Animé par Matthias

Une vingtaine d'AMG se sont retrouvés durant près de 3h pour échanger autour de ce thème.

Pourquoi les pauvres votent à droite est le titre d’un ouvrage de Thomas Frank (journaliste et essayiste américain) paru aux Etats-Unis en 2004 et en France en 2008. Il analyse le basculement du Kansas (Etat pauvre de tradition Démocrate) dans le camp Républicain. Serge Halimi a ensuite étendu l’analyse à la France dans plusieurs articles du Monde diplomatique ainsi que dans la préface à l’édition française du livre.

La formulation de cette question est délibérément provocatrice. Frank écrit avec humour :

Depuis des décennies, les Américains assistent à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censée renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « Laissez-nous réduire vos impôts ! »

Il ne s’agit en aucune manière d’une stigmatisation des classes populaires, bien au contraire. Le sujet aurait pu être formulé de manière plus consensuelle (par exemple : Comment un pauvre peut-il être de droite ?) mais il aurait été dommage de se priver d’un intitulé qui nous interpelle et nous questionne d’emblée. Il s'agit en réalité moins des pauvres que de la stratégie politique de la droite et la question aurait très bien pu aussi être : Comment la droite a-t-elle réussi à susciter l’adhésion populaire en dépit d’une politique foncièrement favorable aux riches ?

La réponse à cette question est passionnante dans le cas des Etats-Unis. Pour faire passer leur programme économique réactionnaire, les Républicains conservateurs ont utilisé la fibre morale, se posant en défenseurs des valeurs traditionnelles de l’Amérique (nationalisme, puritanisme, religiosité) afin de masquer les véritables enjeux économiques et sociaux de leurs politiques. L’exemple du Kansas est particulièrement éclairant :

Prenez le Kansas, État agricole du Midwest, à la fois incarnation de l’Amérique profonde et en même temps terre politique radicale, autrefois bastion de la lutte anti-esclavagiste puis foyer des mouvements ouvriers comme les IWW. Et aujourd’hui ? État ruiné par les multinationales, le Kansas, surtout dans les comtés populaires, vote résolument pour la droite la plus réactionnaire. Thomas Frank montre comment les républicains ont habilement focalisé le débat sur des questions culturelles – l’avortement, la foi, le mode de vie – et non plus économiques. De pauvres rednecks hypothèquent leur maison pour soutenir des politiciens millionnaires qui les haranguent dans un langage populacier, leur vantent les vertus de l’Amérique profonde, celle « des packs de bière et des barbecues », condamnent les démocrates qui offensent Dieu par l’évolutionnisme et l’avortement, et méprisent l’Amérique éternelle en appréciant les sushi. Mais une fois élu, ces républicains appliquent un programme ultra-libéral : « Votez contre l’avortement et vous aurez le démantèlement de l’aide sociale » résume Frank.

Il est évidemment extrêmement intéressant pour nous d’élargir cette analyse à la France :

Selon Halimi et Frank, le pilonnage que subit la classe ouvrière du monde entier, la guerre de classes enclenchée par l’hyperbourgeoisie mondiale depuis une trentaine d’années ont fait se réfugier le prolétariat, et une bonne partie des classes moyennes, vers un nouvel opium du peuple, celui d’un “univers moral” complètement fabriqué par la superstructure. Les questions socio-économiques ont été laissées en déshérence parce que les dirigeants ont eu « l’habileté de mettre en avant leur conservatisme sur le terrain des valeurs. » Pendant sa campagne électorale, Sarkozy a fait oublier qu’il était le représentant et l’agent des forces d’exploitation et a rassuré en faisant appel à de prétendues valeurs fondamentales, à de prétendus comportements anciens. Les milliardaires réunis au Fouquet’s ont noyé dans le Champagne une victoire qui n’aurait pas été possible sans le vote à droite de nombreux chômeurs d’Hénin-Beaumont. Pour faire passer les cadeaux à ses amis Bouygues et Bolloré, Sarkozy a su dresser le prolétariat et les petites classes moyennes tantôt contre les “nantis” résidants à l’étage du dessus (employés avec statuts, syndicats et “régimes spéciaux”) ; tantôt contre les “assistés” relégués un peu plus loin ; ou contre les deux à la fois. La gauche traditionnelle fut incapable de contrer le discours sarkozien, terrorisée à l’idée d’être taxée de populisme. Vingt ans de TF1 privatisée ont également fait oublier aux catégories populaires qu’il pouvait exister des luttes collectives pour les salaires, pour une gestion démocratique des entreprises, pour une éducation nationale qui ne serait pas au service du patronat.

On trouve donc parmi les pistes d’explication : les tactiques politiques de la droite, les renoncements économiques et sociaux de la gauche et de la classe moyenne, le contrôle de l’école et des médias par les classes dominantes, l’effacement de la conscience de classe dans les têtes parmi ceux qui souffrent le plus du système en place, etc.

Cette question revêt bien entendu un aspect tactique important puisque la compréhension des mécanismes du vote populaire à droite est la base de toute lutte (à gauche ?) contre les manipulations du discours dominant.

Quelques références :

- Le livre de Thomas Frank, Pourquoi les pauvres votent à droite ? Comment les conservateurs ont gagné le cœur des États-Unis (et celui des autres pays riches), Agone, 2008. On peut lire les articles de la revue de presse sur le site des éditions Agone : http://atheles.org/agone/contrefeux/pourquoilespauvresvotentadroite/

- Deux articles de Serge Halimi dans le Monde diplomatique : au moment des élections présidentielles aux Etats-Unis en 2004 (http://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/HALIMI/11549) puis au moment des élections présidentielles en France en 2007 (http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1167&var_recherche=identit%E9+nationale)

- Le livre de François Ruffin, La guerre des classes, Fayard, 2008. Il faut absolument lire le livre (à défaut on trouve sur internet l’introduction : http://media.la-bas.org/IMG/La_guerre_des_classes-prologue.pdf) et écouter l’émission de Mermet à son sujet : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1519

Matthias

Document de présentation :
www.lesvertsguebwiller.com/caferepaireflorival/pauvredroite.pdf

mercredi 31 mars 2010

9ème Café-Repaire mardi 27 avril 2010

La convivialité

Proposé par Dominique

Soirée très conviviale commencée en musique avec Dominique et Chris, puis des textes lus par François et Marc, un texte donné par Matthias (Camus, La Peste - la confession de Tarrou), quelques blagues et des bonnes bouteilles, des gâteaux amenés, des discussions "conviviales", une soirée très agréable pour la vingtaine de personnes présentes et qui fut un moment de respiration alors que nous nous "connaissons" un peu maintenant depuis près d'un an en nous voyant régulièrement dans ce "café-repaire"...

Annick a été sollicité pour son fameux cake qu'elle avait ramené, donc voici ci-dessous sa recette (secrète et qui donc ne l'est plus !!!) : Coffee Cake à la Rhubarbe

Les coffee cakes accompagnent une bonne tasse de café ; le café américain remplit une fonction culturelle spécifique aux États-Unis. Comme tout le monde le sait, le café américain n'est pas le même que le café français ou italien mais ressemble plutôt au café hollandais, belge ou allemand. Il s'agit d'une boisson différente, bue en d'autres occasions que le café français. Par exemple, des voisins s'invitent à prendre a cup of coffee au milieu de la matinée ; au bureau il y a une pause café, on dine tôt et en famille, mais on reçoit volontiers après le diner autour d'un cup of coffee. Ces moments sont souvent accompagnés d'un gâteau, pas trop sucré, et pas trop sophistiqué : le coffee cake.

Ingrédients :
300 gr farine
250 gr sucre vergeoise (sucre roux)
125 gr beurre ramolli
1 oeuf
2 yaourts nature
1 cuillère à café de bicarbonate de soude
1,5 cuillère à café de vanille liquide
1 pincée de sel
300 gr rhubarbe
1 cuillère à café de cannelle
4 cuillères à soupe de sucre

Préparation :
Préchauffer le four à 5. Travailler le beurre avec le sucre vergeoise. Quand le mélange est homogène, incorporer l'oeuf et la vanille. Par ailleurs mélanger la farine, le sel et le bicarbonate. Ajouter à l'appareil beurre-sucre, en deux fois et en alternant, la farine et le yaourt. Ne pas trop mélanger. Ajouter la rhubarbe, épluchée et coupée en morceaux, et remuer juste assez pour l'incorporer. Verser dans un moule rectangulaire (25 x 30cm environ). Mélanger 4 cuillères à soupe de sucre avec une cuillère à café de cannelle et en saupoudrer la pâte. Faire cuire pendant 40 min.

AUTRE PROPOSITION
Création d'un lieu de rencontre, de convivialité.
Le but est de changer le quotidien. Ce qui manque le plus de nos jours, étant donné l'évolution sociale, c'est des moments de rencontre, de partages et d'expression, libre de tout contexte à des fins lucratives. Il faut un lieu qui soit prêté par la mairie car c'est la fonction de la mairie de favoriser la vie sociale. Ou bien : c'est créer une amicale comme d'autres le font. Par exemple l'amicale des portugais, des pêcheurs ou des joueurs de pétanque. Dans ce lieu qui serait autogéré, il y aurait la possibilité de se restaurer, de s'informer, et de s'exprimer. Il y aurait une salle pour bavarder mais aussi des conférences ou des débats. Il y aurait une librairie attenante ou chacun pourrait y amener les livres qu'il voudrait voir circuler. Il y aurait aussi des journaux d'informations sur les activités locales, nationales ou internationales. Création aussi d'un journal /bulletin avec des infos utiles. Il y aurait des petits concerts des beufs et des teufs. Projections de vidéos personnelles et artistiques, souvenirs de voyage et autres créations. Possibilité d'échange de savoir, sous forme de cours ou d'ateliers. Danse, Yoga, Arts martiaux ? Créations de spectacles vivant, sans autres prétentions que de passer un bon moment. Humour obligatoire. Boite à idées. Echanges de bons tuyaux (boulots, adresse à l'étranger). Donc lieu où en permanence il y aurait de la vie et des rencontres. Ouvert le plus souvent possible. Il existe des lieux similaires en Suisse et en Allemagne : Reithalle (Berne), Rotefabrik (Zurich). Ils sont devenus des centres culturels incontournables et reconnus. D'autres lieux restent à découvrir en Europe possibilité de partage d'informations avec ces lieux et gens. Souscrire au projet : Nom et adresse pour créer l'association de base. Promesse de dons, sous forme liquide ou de mobilier ou d'objets pouvant etre utiles : frigo, cafetière, chaises, fauteuils. Voir la forme juridique la plus adaptée. Association loi 1901 ? Se réunir pour en discuter.

mercredi 24 février 2010

8ème Café-Repaire mardi 30 mars 2010

L'anarchisme, une autre manière de voir : comprendre, proposer, imaginer

Animé par Marc et Matthias

En guise d’introduction on peut citer la présentation du petit livre de Normand Baillargeon qui s’intitule L’ordre moins le pouvoir : histoire et actualité de l’anarchisme.

Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n’est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l’idée d’anarchisme. En première approximation, disons que l’anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l’idée d’antiautoritarisme, c’est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d’autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d’Espagne disait le plus simplement du monde : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.” On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l’a donc ni pardonné ni admis.

Que chacun d’entre nous réfléchisse à ce que signifie pour lui l’anarchisme. Y compris à gauche, ce mouvement d’idée n’est pas très connu et même souvent caricaturé. Hors, l’anarchisme ce n’est pas le terrorisme, ni même le chaos, c’est avant tout une autre manière de voir.

Quel est l’intérêt pour nous de parler d’anarchisme aujourd’hui ? Que nous apportent les auteurs anarchistes ? Il y a selon nous trois réponses à ces questions, qui peuvent constituer les 3 thèmes directeurs de la soirée.

1. Comprendre comment fonctionne notre société

Les anarchistes proposent d’abord une autre manière de voir la société, un regard critique sur le système politique et économique. Il est toujours difficile de porter un regard objectif sur quelque chose de proche. Lire les anarchistes permet de prendre du recul, de mieux appréhender les choses. Par exemple, lorsqu’on lit les anarchistes du 19ème siècle, on est frappé par l’actualité et la lucidité de leurs critiques de la société industrielle. Or comme les choses n’ont pas radicalement évoluées, cette lecture se révèle essentielle pour nous aujourd’hui.

2. Proposer une vision alternative

Les anarchistes envisagent également une autre société possible, une autre manière de vivre ensemble. Le système dans lequel on vit n’est pas issu d’une loi de la nature, c’est le produit de l’histoire, autrement dit il évolue et peut donc être changé. Les anarchistes ont décrit assez précisément à quoi pourrait ressembler une autre manière de vivre ensemble, un autre système politique et économique. Mais en même temps - et contrairement aux marxistes - ils ne souhaitent pas définir trop précisément cet "autre monde" parce qu’ils croient à la capacité créatrice de l'action révolutionnaire. Comme l’explique Bakounine à propos de l’organisation politique.

Il est impossible de déterminer une norme concrète, universelle et obligatoire pour le développement ultérieur et pour l’organisation politique des nations ; l’existence de chacune étant subordonnée à une foule de conditions historiques, géographiques, économiques différentes et qui ne permettront jamais d’établir un modèle d’organisation, également bon et acceptable pour toutes. Une telle entreprise, absolument dénuée d’utilité pratique, porterait d’ailleurs atteinte à la richesse et à la spontanéité de la vie qui se plaît dans la diversité infinie, et serait contraire au principe même de la liberté. Pourtant il est des conditions essentielles, absolues en dehors desquelles la réalisation pratique et l’organisation de la liberté seront toujours impossibles.

3. Imaginer la transition entre la situation actuelle et les changements futurs

Enfin, les anarchistes nous permettent de réfléchir à la manière de passer de notre système actuel à un autre système. C’est sans doute sur ce thème que les anarchistes sont les plus originaux et malheureusement aussi les moins connus. Contrairement aux marxistes qui envisagent de prendre l’Etat afin de changer les choses par le haut, les anarchistes pensent que la seule manière de changer réellement les hommes (et le système du même coup), c’est de le faire par le bas, par l’association des individus qui progressivement prennent ensemble des décisions, participent au processus politique et s’organisent les uns avec les autres.

Historiquement, les idées anarchistes plongent leurs racines dans le 18ème siècle et le rationalisme des Lumières mais ne se développent réellement qu’au 19ème siècle avec le mouvement ouvrier avant de disparaître plus ou moins au 20ème siècle où l’on retrouve néanmoins de grands penseurs anarchistes mais qui n’ont pas eu d’influence réelle sur l’opinion publique. Parmi les théoriciens les plus importants de la philosophie politique anarchiste on peut citer : Pierre-Joseph Proudhon, Michel Bakounine, Louise Michel, Pierre Kropotkine, Bertrand Russell, Howard Zinn et Noam Chomsky.

Quelques références pour une première approche de l’anarchisme : le livre de Normand Baillargeon, L’ordre moins le pouvoir : histoire et actualité de l’anarchisme aux Editions Agone, le film de Daniel Mermet et d’Olivier Azam Chomsky et Cie, et le dossier sur l’anarchisme dans le Monde diplomatique du mois de janvier 2009.

Écoutons Michel Bakounine (1814-1876) qui explique quel est son objectif ultime :

Ce but, cet idéal, aujourd’hui mieux conçus que jamais, peuvent se résumer en ces mots : c’est le triomphe de l’humanité, c’est la conquête et l’accomplissement de la pleine liberté et du plein développement matériel, intellectuel et moral de chacun, par l’organisation absolument spontanée et libre de la solidarité économique et sociale aussi complète que possible pour tous les être humains vivant sur la terre…

Paul Ariès souligne aujourd'hui l'actualité de la pensée anarchiste dans son livre La simplicité volontaire contre le mythe de l'opulence

Nous ne pouvons espérer dépasser ce vent de pessimisme que si nous nous mettons à l'écoute des forces de vie qui ont toujours parcouru le mouvement social. Nous devons réveiller aujourd'hui cette gauche antiproductiviste enfantée par la lecture de Leroux, Kropotkine, Bakounine, Proudhon, Louise Michel et Elisée Reclus.

L'anarchisme, une utopie ? Et finalement qu'est-ce qu'une utopie ?

- On peut considérer l’utopie comme quelque chose qui ne s’est simplement pas encore réalisé.

Théodore Monod disait : "L'utopie c’est simplement ce qui n'a pas encore été essayé"

Dans le film Héros fragiles sur le coup d’Etat de 1973 au Chili, l’un des anciens compagnon d’Allende dit à Emilio Pacull (le réalisateur) : "et ce que tu appelles utopie, il faudra que ca deviennent possible"

- Si on ne partage pas cet idéalisme, on peut malgré tout considérer que l’utopie - même si elle ne se réalise pas - est utile parce qu’elle nous aide à avancer.

Bakounine dit : "c'est en cherchant l'impossible que l'homme a toujours réalisé et reconnu le possible, et ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait le possible n'ont jamais avancé d'un seul pas."

Dans le même esprit, Charlie Chaplin : "Il faut tendre vers l’impossible. Les grands exploits à travers l’histoire ont été la conquête de ce qui semblait impossible."

Enfin René Char : "L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne."

Document de présentation + textes de Proudhon et de Bakounine :
www.lesvertsguebwiller.com/caferepaireflorival/anarchisme.pdf

mercredi 25 novembre 2009

7ème Café-Repaire mardi 23 février 2010

Le revenu inconditionnel d'existence

Animé par Véronique Wurth et Gérard Prat



Une bonne trentaine de personnes se sont retrouvées sur les hauteurs du fond de vallée dans la chaleureuse auberge de Cléo et Marc pour une discussion très animée comme d'habitude après une introduction du thème par les animateurs de la soirée.

Contenu : Un revenu d'existence, « Grundeinkommen », initiera une des réformes de société essentielle à plus d'un titre :
- Il modifie de façon radicale la distribution primaire des revenus aux bénéficiaires du simple fait de leur existence, sans autre justification.
- De part sa simplicité et sa transparence, il évite tout passe-droit et limite la bureaucratie
- Il ne constitue en aucun cas une désincitation au travail, toute activité rémunérée procure un revenu supplémentaire (contrairement au minima sociaux)
- Il donne à chacun l'assurance d'un minimum garanti, en toutes circonstances quels que soient les aléas de la vie, à une époque où le plein emploi ne peut plus être assuré tout au long de la vie.
Montants : Plusieurs écoles ont proposé des montants allant de 300 à 1200 € selon des hypothèses qui leur sont propres.
Liste non exhaustive d'aides actuellement délivrées : RMI - API - Allocations Familiales - Allocation de rentrée scolaire - Aides au Logement - Prestations Jeune Enfant - Bourses d'études - Prime pour l'Emploi-CMU - Cartes de familles nombreuses - Aide au transport des collégiens -Exonération de taxes - tarifs préférentiels - Plus de 20 régimes de retraite de base en France...
Sites à consulter : A.l.R.E.
Association pour l'Instauration d'un Revenu d'Existence
www.revenudexistence.org www.aHocationunviverselle.com
Parti politique belge VIVANT
Allocation Universelle Wikipédia
« Grundeinkommen » le film de Daniel Hàni et Enno Schmitt
Lecture : Une clémente économie, au delà du revenu d'existence Yoland BESSON - L'Esprit Frappeur

lundi 9 novembre 2009

6ème Café-Repaire mardi 24 novembre 2009

Il faut, je dois, je choisis... suis-je libre ?

Animé par Ginou Zandonella



Plus de quarante personnes se sont retrouvées une fois de plus dans l'auberge de montagne du Remspach-Linthal où Cléo et Solange nous ont accueillis très chaleureusement.
Toujours des nouvelles personnes qui se joignent à un noyau de fidèles qui reviennent régulièrement.

COMPTE-RENDU SYNTHETIQUE :
« IL FAUT... JE DOIS... JE CHOISIS !!!!!
Pourquoi ce thème ? Dans nos discussions, pour résoudre un problème, nous utilisons les termes : « Il faut… on doit... ». Combien de fois par jour utilisons nous ces termes, et à quelles occasions ? Quand j’utilise ces termes à quoi est ce que je me réfère ? Si c’est moi qui choisis de faire tel ou tel acte, de victime je deviens acteur, et plus convaincant.

On peut distinguer 2 niveaux :
• celui de la règle admise et légiférée par la société : ex. les syndicats se battent pour protéger les droits des travailleurs
• celui du choix personnel que je fais, là où je peux exercer ma liberté et accepter les conséquences de mes choix : ex. si je décide de ne pas appliquer une loi, je peux être jugé
Dans les 2 cas tout choix implique un renoncement à des possibilités et l’acceptation de limites

A° Les obstacles à ma liberté de choix :
Les peurs :
- peur de perdre son emploi si l’on n’obéit pas aux ordres
- peur de perdre sa liberté
- peur de prendre des décisions en laissant cela à mon chef
- autant de peurs ont été mises en évidence, qui sont des obstacles à mes choix libres.

B° Comment palier aux peurs ?
1° Par le travail personnel sur soi :
• déceler et prendre conscience des peurs que j’ai (aspect sécuritaire)
• prendre conscience de la façon dont je m’exprime : si je dis « il faut que tu fasses », cela n’a pas le même impact que si je dis : « cela aura du sens pour toi si tu faisais… »
2° Au niveau collectif :
• en créant des solidarités
• en sortant du système du libéralisme qui oppose liberté et solidarité (problématique de l’assurance santé aux USA)
• en responsabilisant les acteurs dans l’entreprise (danger des manipulations cependant)
• en devenant consommateur, conscient de son pouvoir, d’acheter ou non (essayer d’aller à l’essentiel avec 1/3 de ce que l’on a)
Question posée : que fait-on de l’argent non utilisé ?
3°Choisir implique :
• d’imaginer des solutions nouvelles et sortir des structures de pensées en ISME (libéralisme,communisme,christianisme…)
* approfondir sans arrêt ses connaissances : (vaccins,…)
• d'éduquer l’enfant très jeune (apprendre et comprendre des attitudes très jeune : ex. tri de déchets)
- Veiller à ne pas modeler un enfant : « il doit être ainsi » mais en étant authentique et en affirmant ses choix propres, donner l’exemple et non tenir un discours
- Créer des groupes de parents qui sortent les adultes de leur solitude et doutes (les parents et enseignants sont démunis actuellement car leur autorité n’est plus reconnue d’office)
- Permettre un accès à la culture, les choix en ce domaine demandent une énergie, une connaissance, une ouverture.

L’action collective (se regrouper, imaginer, éduquer…) implique une action personnelle sur soi (comprendre nos schémas psychologiques) pour pouvoir sortir des devoirs , et choisir en devenant véritablement des acteurs qui œuvrent ensemble,toutes générations confondues.

compte-rendu fait par Françoise Kienlen (et rédigé par Guy)

lundi 12 octobre 2009

5ème Café-Repaire mardi 27 octobre 2009

Engagement citoyen, engagement associatif, engagement politique

Animé par Christian Weiss

MOTIVATIONS A S'ENGAGER
- elles sont diverses. Par altruisme pour certains (es), se mettre au service des autres et pas au sien, par ambition personnelle pour d'autres, être le 1er ; par idéologie aussi, religieuse par exemple ou politique, ou pour profiter d'avantages personnels. L'engagement, à priori au service et pour le bien des autres, peut vite s'éloigner de ces déclarations d'intention. Il y a des dérives, il y en a trop et dans beaucoup de domaines, y compris l'associatif.
- Avant de s'engager, une introspection personnelle devrait être faite au préalable à l'engagement, pour être clair avec soi-même et avec celles et ceux vers lesquels l'engagement est pris. Se situer d'abord soi, qu''est-ce que je veux, pour quoi, pour qui ... ? Quelles sont mes motivations profondes ? Sont-elles en accord avec ce que je suis, avec les buts de l'association dans laquelle je m'engage, par exemple.
- S'engager, c'est s'intéresser aux autres, aller vers les autres, être à leur écoute, recevoir aussi,
- C'est aussi partager des convictions avec d'autres personnes, sachant qu'on ne peut rien changer seul.
- S'engager, c'est faire acte de citoyenneté, s'engager dans la vie publique, la res publica.
- pour certains (es), l'action individuelle au quotidien suffit et a valeur d'engagement, pas besoin de rentrer dans un système

L'ENGAGEMENT : UN ACTE POLITIQUE ?
- c'est un acte politique au sens premier du terme, quelque soit cet engagement qu'il soit associatif, politique ... ou de simple citoyen par ses actes quotidien, notamment la manière de consommer ou de ne pas consommer ...
- c'est avoir le courage de s'exposer aux autres, sachant que seul on ne peut pas y arriver et si personne ne s'engage ... C'est aussi le risque d'être déçu.
- pression populaire forte = démarche opérante pour infléchir des décisions, avec le relais de partis politiques
- exemple : les Amap : cela permet de sortir des sentiers habituels de la consommation qu'on nous propose (impose), consommer local, des produits sains, en rencontrant producteurs et consommateurs ... mais cela dérange les élus et leurs positions vis à vis des commerçants, notamment des grandes surfaces à qui ils acceptent bien volontiers des extensions ...
- 1 flocon de neige sur une branche, pas d'effet, mais si 50 000, la branche casse (l'union fait la force).

COMMENT S'ENGAGER ?
- pas de voie normale pour l'engagement . Cela peut être une initiative personnelle, ou se faire par le biais de connaissances, d'amis ...
- difficultés à faire le bon choix, par exemple l'adhésion à un parti politique.

VALEUR DE L'ENGAGEMENT
- avoir une société civile forte, des contre-pouvoirs
- pour certains (es), l'action individuelle au quotidien suffit et a valeur d'engagement (si tout le monde le faisait ...), pas besoin de rentrer dans un système de représentation. Des petites victoires suffisent pour avancer
- pour d'autres, l'action collective est irremplaçable, notamment pour lutter contre les injustices, le goût du pouvoir, de l'argent ... L'individu à lui tout seul ne peut changer une société en profondeur. Et aujourd'hui, plus que jamais, les enjeux sociaux, environnementaux, politiques ....sont gigantesques.
- s'engager dans la vie syndicale, être juge des Prud'hommes pour défendre et rétablir les droits des salariés en France, rétablir des injustices, le faire de façon bénévole et avec professionnalisme, c'est une valeur inestimable, et une autre forme d'engagement
- être élu socialiste et payer l'ISF ? Cohérence ?
- Pierre Rahbi : "je fais ma part"
- l'élu doit venir de la base, pas parachuté, cf les Etats généraux, le tiers-état en 1789. Revenir aux notions essentielles qui fonde une démocratie.

UNE CRISE DE L'ENGAGEMENT ? COMMENT M'INFORMER OBJECTIVEMENT ?
- je n'ai pas la possibilité de suffisamment m'informer, ou cet accès ne m'est pas donné. Exemple du Référendum sur l'Europe. Comment avoir un esprit critique, se faire une opinion permettant un choix en toute connaissance de cause sans avoir les informations nécessaires ? On dirait que tout est fait pour que les citoyens n'en sachent qu'un minimum. Pourtant, il est possible de lire le traité, d'avoir accès à l'information, chercher l'information la plus objective et complète, c'est aussi cela s'engager. Mais tout le monde en a-t-il les moyens ? Ce n'est peut-être pas à la portée de tout le monde.. Et si le but, justement, était de maintenir les gens dans une certaine ignorance ? L'éducation que les parents peuvent donner à leurs enfants permet de développer très jeunes esprit critique, curiosité intellectuelle, sens de l'engagement mais là encore ce n'est pas le cas dans toutes les familles. Le niveau social est-il un critère ? Et l'école joue-t-elle encore ce rôle ?
- l'action syndicale a toujours toute sa valeur, mais le taux de syndicalisation est de l'ordre de 6 à 8 % aujourd'hui en France (alors qu'il était de l'ordre de 40 % après guerre). Pourquoi une telle fuite de l'engagement alors que les droits des salariés sont plus que jamais bafoués, que les reculs sociaux se multiplient en même temps que les fermetures d'usine, les délocalisations ... ?
- en politique, crise de confiance forte vis à vis des élus, de ceux qui nous représentent. A croire que dès qu'on est élu, on rentre dans le moule du pouvoir, de la politique politicienne, du goût de l'argent ...
- envie que tout cela change, que ce soit au niveau syndical, politique.
Frustration que la société civile ne puisse pas avoir plus de poids. Exemple de la privatisation de la Poste, d'Edf ... le pouvoir décide contre l'avis majoritaire. Mais le problème, c'est qu'on continue à élire ces mêmes élus. Pourquoi ne laisse-t-on pas une chance à un parti dont le programme respecte les valeurs auxquelles la majorité de la population aspire ? A-t-on peur du changement à ce point ? Exemple de l'Islande qui est un pays exsangue financièrement aujourd'hui, dont la population a jeté dehors les élus libéraux d'hier qui les ont menés à la faillite et qui étaient au service des pouvoirs économiques, et qui se tournent aujourd'hui vers les partis de gauche comme les Verts, par exemple. Mais quel cadeau empoisonné pour ces élus. N'attendons pas la crise, ou plutôt l'accentuation de la crise pour faire les bons choix.
- valeur du bulletin de vote. Pour certains (es) plus aucune, pour d'autres au contraire c'est par là que le changement viendra ... ou aussi malheureusement par de nouvelles crises sociales et écologiques. Mais si je ne vote pas, d'autres le feront à ma place
- constat que les gens sont endormis par les médias, notamment les télévisions, et que les hommes politiques en usent et en abusent. Les effets de Com remplacent les décisions et les débats de fond.
- phénomène d'imitation des classes sociales vers le mode de vie des plus riches,. Ces derniers exploitent à merveille cette aspiration, pour leurs bénéfices.
- Marx a dit que "tout enrichissemnt ne peut venir que du travail" et Albert Jacquard a également décrit les effets pervers des dérives financières , notamment du pourcentage par rapport aux intérêts cumulés ...L'argent tient le monde. Opter pour une banque coopérative, ok, permet un choix de consommation différent. Mais pb, très peu d'offres. Le Crédit coopératif ok, mais appartient quand même au groupe Banque Populaire. Et les banques mutualistes sont allées comme les autres sur les marchés financiers. Dérives, absences de contrôles, de contre pouvoirs, ...
- pillage des ressources des pays africains par les occidentaux au détriment des habitants : combien d'enfants n'ont jamais bu un verre d'eau claire ?
- où est l'intellectuel aujourd'hui, celui dénonce ... ? On manque de saltimbanques (saltimbanques, euh, humour), de poètes, de rêveurs.
- commerce équitable : l'est-il vraiment ? Question pas tranchée.
- débat sur l'identité nationale : qui va se lever ? Qui va aller dans la rue ? S'opposer ? Les empêcher de tenir les débats ? Qui va dénoncer le fond malsain de ce débat ?
- ne pas sous estimer la capacité des MultiNationales à récupérer le bio. Déjà la notion de développement durable engendre d'incroyables dérives et manipulations

(Compte-rendu rédigé par Patrice Knorr )

mardi 1 septembre 2009

4ème Café-Repaire mardi 29 septembre 2009

Fichage, flicage, manipulations à travers notre histoire

L’animateur de la soirée, HUBERT MARTIN, nous expose l’historique des fichiers en France. Puis la parole est donnée aux participants
Actuellement en France (pays des liberté), il existe des fichiers d’état.
Toute personne peut être fichée au travers de son portable, de sa carte bancaire, vitale, ou grâce à la photo de carte d’identité.
La CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) nous fiche par notre passeport.C’est l’utilisation de ces différents outils qui est dangereuse :
La démocratie et toutes ses valeurs sont mises en cause.
Ces procédés ultraconservateurs, rétrogrades, peuvent amener à des mouvements réactionnaires.
Aujourd’hui, il y a des fichages dans tous les systèmes liés directement au pouvoir (retour ou accélération du conservatisme) sous différentes formes :
Politiques (au départ corporation franc-maçonnique)
Commerciales (ex : acheter un livre avec sa carte de crédit peut causer un préjudice selon le contenu de ce livre … !)
Economiques
Dans le domaine médical (carte vitale)
Le fichage entraîne la peur pour asseoir le pouvoir ! ! !

Est-ce que le Fichage est toujours du Flicage ?
Cela se fait toujours dans le même sens !
Ce n’est pas toujours au profit de la population, à l’insu de tous !
Est-ce que chacun peut profiter des informations ou est-ce en fonction des affinités ou des appartenances ?

Selon certains, ce n’est pas forcément négatif.
Officiellement, depuis longtemps ce procédé permet :
de rechercher des criminels
des auteurs de délits . . .
des organismes dangereux.
mais aussi de créer des fichiers :
dans l’immigration.
sur les tagueurs, sur ce qui se passe dans les cages d’escaliers, les mouvements dans les stades par exemple.
Officieusement
Les R .G. ont la possibilité de consulter notre propre fichier (non populaire).

Qu’est ce qui est acceptable ? Dans quelles limites ?
Le citoyen fiché n’a pas la possibilité de contester ni de se défendre.
Le fichage des enfants dans les écoles est inacceptable !

Aujourd’hui le plus insidieux ce sont des réseaux arrière, secrets, inconnus.
Face à ce phénomène, de plus en plus de personnes sont accusées de délit de solidarité. En effet, ces dernières sont inquiétées par la police qui essaie de les culpabiliser, ou de leur faire peur ! Les menaçant de lourdes pénalités, d’emprisonnement !

Ce système peut entraîner des délations par des personnes peu courageuses, lâches ou en situation difficile. Elles se font manipuler par cette technique.(chantage auprès de familles des « quartiers », face aux ados, les incitant à dénoncer des trafiquants,des filières).
Le grand danger est le lien entre les différents fichiers : ceci commence dès l’école maternelle et peut servir pendant 35 ans ! (grave surtout pour les étrangers).

Le HAUT-RHIN a été utilisé comme modèle pour tester cette nouvelle méthode !
Date et lieu de naissance (clé électronique). ! ! !
Les parents ne sont même pas mis au courant !
un directeur réticent s’est vu licencié pour désobéissance,sa responsabilité personnelle a été mise en cause.
Les données relevées servent :
à la police
à l’administration (par ex. fermeture de classes) etc. . . .
aux services de l’immigration. . .
Depuis peu, certains parents commencent à protester.
Le pouvoir actuel cherche à empêcher une solidarité citoyenne : diviser pour Règner !
De plus en plus, l’individu est surveillé par son patron, subit des pressions, du chantage, et a peur de représailles.
A présent, il faut obligatoirement déclarer une grève 48h avant.
La situation générale est très inquiétante.
Dans beaucoup de milieux, il n’existe plus de liberté de parole. Les employés ont peur d’être licenciés. Les revendications sont plus réservées par peur de licenciement, il y a moins de solidarité. Les collègues se font facilement concurrence.La solidarité ouvrière est cassée !
Même la presse ne prend plus de risques
Il n’y a plus de garantie de soutien, du fait qu’il n’y a plus de patron unique, mais de nombreux sous-traitants.
Les C.D.I., le travail par interim n’engendrent plus les mêmes intérêts.
Les postes sont interchangeables sans l’avis du travailleur.Donc plus de dialogues possibles.
Le gros problème de l’époque !
est la peur de perdre son confort individuel (La liberté de consommer entraîne individualisme)et diminue le sens du partage.

C’est la fraternité qui permet l’égalité, donc la liberté ! ! !
Ce qu’il faudrait faire :
Inciter les gens à parler, à protester . . . comment ?
(Les caméras, de plus en plus nombreuses rassurent une certaine catégorie de population)
Les médiats projettent les gens dans des situations débiles.
La télé est un outil d’isolement qui prive les membres d’une même famille d’avoir des échanges positifs, limite (voire supprime) les sorties en famille(musées, concerts,cinéma,conférences, débats, réunions.

(synthèse réalisée par Marie-Noelle E.)

mercredi 29 juillet 2009

3ème Café-Repaire mardi 25 août 2009

Culture : maintien du lien social ?

Virginie Zinderstein a fait l'introduction et a animé le débat:
En quoi participer à un évènement culturel, le spectacle vivant notamment, peut représenter une véritable « nourriture », permet d’échanger, d’ouvrir sa perception du monde ?

Les premières interventions tentent de mieux définir le mot culture qui a deux sens quelque peu différents :
- La culture peut être comprise comme l’ensemble des arts, peinture, musique, spectacles, cinéma, livres…
- La culture c’est aussi l’ensemble des habitudes et rituels d’un groupe d’individus au quotidien : sa manière de s’alimenter, ses codes sociaux…
- La culture : habitudes qu'on porte en nous sans forçément en prendre conscience.
Est-ce le double sens du mot culture ou les avis divergents qui ont le plus souvent conduit à des malentendus ?

Pour illustrer la deuxième définition du mot, ont été évoquées les différences « culturelles » entre les communautés chimpanzés et bonobos – ces derniers ont mis en place un art de résoudre les conflits basés sur l’érotisme.
« La culture n'est pas spécifique à l'homme, les animaux ont une culture. »

Des questions ouvertes et déclarations en vrac :
- Pourquoi sortir, aller au spectacle à l’encontre de nouvelles expériences, de nouvelles émotions ?
- Quelques réponses ont été émises: sortir cela fait réfléchir,développe la pensée, crée du lien, permet de partager des moments, de faire des rencontres
- L’accès à l’art est-il ouvert à tous, quelles sont les conditions d’accès à une œuvre d’art, un tableau par exemple ? Faut-il simplement de la curiosité, de l’élan vers, ou un niveau d’information ou de formation minimal ?
L’expérience relatée de jeunes handicapés visitant un musée vient illustrer que tout un chacun peut apprécier une œuvre d’art, l’appréhender.
- En quoi la culture nous fait-elle grandir?
- La culture n’est-elle pas une activité individuelle et solitaire qui demande beaucoup d'efforts?
- L’expérience culturelle permet d’échanger avec des pairs qui ont partagé l’expérience.
- Confusion entre le mot culture et le mot art.
- Toutes les cultures sont-elles de valeur identique ?
- La Télévision diffuse t - elle de la culture ?
- La culture c'est découvrir des gens. Avant les rencontres se faisaient dans les bistrots.
- Ne pas confondre divertissement et culture.
- On utilise la culture pour faire du commercial.
- La culture calme les esprits.
- Tout d'abord la culture c'est une grande tolérance. Un peut s'enrichir de la culture de l'autre. Elle n'est pas liée à une élite.

La culture est de plus en plus diversifiée ; sur un même territoire l’offre est considérablement plus riche qu’il y a une trentaine d’années.
- Cette densification est-elle le signe que les personnes ont davantage accès à la culture ?
- La culture se démocratise t-elle réellement ou y a-t-il pas un phénomène de masse où la culture risque de devenir simple divertissement, produit de consommation ?

La culture joue un rôle d’émancipation, cet aspect est notamment fort auprès des jeunes générations qui transgressent les règles établies, les détournent, les font évoluer.
Ces nouvelles pratiques nous ouvrent l’esprit (référence à mai 68)

La culture est indissociable du lieu où elle émerge sur la planète, elle prend des formes différentes selon les lieux et les époques.

Les pouvoirs publics ont une véritable mission de sensibilisation du public jeune notamment par la mise en place de tarifs incitatifs pour encourager l’accès à des spectacles, ainsi qu’en développant des opérations permettant d’accéder réellement aux œuvres : rencontres avec les artistes, préparation des sorties…la culture est donc aussi une affaire de volonté politique.

- Y a t-il une frontière claire entre art et artisanat ? Toutes les œuvres humaines ne sont-elles pas culturelles ?
- La gastronomie et les travaux manuels font-ils pas aussi partie du domaine de la culture au même titre que les « arts » ?
- La religion a encouragé la création artistique architecturale, picturale, musicale mais n’a-t-elle pas été un frein au développement d’autres expressions ?


Puis vient enfin les questions vraiment fondamentales :
- La culture va t-elle rendre les hommes meilleurs???
- La culture permet-elle d’éviter la BARBARIE ???

Il semblerait que même sur ces questions, les avis sont partagés.
A méditer…

Conclusion
Il semblerait que nous n'ayons pas répondu à la question principale qui était : « Culture, maintien du lien social? »
Finalement Virginie nous chante un poème, et obtient cette fois-ci plus que toute autre intervention l’écoute de chacun. C’est donc la poésie qui aura le dernier mot !

(compte-rendu par Véronique Wurth)

mercredi 15 juillet 2009

2ème Café-Repaire mardi 28 juillet 2009

Quelles alternatives au capitalisme ?

Animé par Patrice Knorr

Le débat est introduit par des extraits du livre d’Hervé KEMPF « Comment les riches détruisent la planète » (Editions du Seuil, 14 €.) :

« (…) Une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.
Cette représentation du monde n'est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l'injustice, sous-estime la gravité de l'empoisonnement de la biosphère, promeut l'abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. »

PUIS LE DEBAT EST OUVERT :Voilà ce qui a été dit par les un-e-s et les autres :

Tout s’apprend mais il n’y a pas de cours de politique dans l’Education Nationale. Il y a donc une dépolitisation du peuple transformé en masse obéissante, ce qui est un problème fondamental.
Oui, mais même dans la masse, on peut agir à son échelle pour faire bouger les choses.
On enseigne l’économie à l’école, mais quel type d’économie ?
L’éducation fait de nous des petits soldats. Le capitalisme fait que l’économie est aux mains de ceux qui ne produisent pas.
Le système, on y participe tous en développant l’individualisme, en donnant du pain et des jeux. Ce n’est pas qu’un problème d’éducation, c’est un problème de propositions et de valeurs. Comment faire pour que les gens veulent changer la société ?
On est sur terre pour travailler mais il faut redonner du sens au capitalisme. Le travail a perdu sa valeur de reconnaissance qu’il pouvait donner à l’homme.
Il y a 70 ans, l’homme travaillait pour nourrir sa famille, aujourd’hui, il travaille pour le superflu. C’est bien un problème de valeurs.

Pour revenir au sujet de ce soir, quelles sont nos alternatives ?

Le refus de la société de consommation existe depuis longtemps, dès le début des années 70 (communautés,….). Les exemples d’initiatives sont nombreux :
- circuit court de distribution
- auto-construction
- autonomie énergétique
- partage des savoirs
- troc ou monnaie locale pour services échangés
- microcrédit
- achats mutualisés, mise en commun de matériels
- économie solidaire, SCOP,…
Dans une rue de Colmar il existe une mise en place d’échange de services entre voisins. Pour que cela fonctionne, il y a la nécessité de la rencontre, de la connaissance et du respect entre les gens.
C’est bien du lien social, qui est la base de tout. Il faut faire revivre la démocratie locale.
Il y a donc bien un rôle important de l’homme politique mais il y a aussi un problème de choix au vu de l’offre actuelle.
Ceci est aussi dû à l’attitude politique de chacun, on a les élus qu’on mérite.
Ce sont les actions personnelles qui se connecteront pour créer la prochaine révolution.
Le système capitaliste n’a plus besoin du politique, il peut vivre de manière autonome.
La crise actuelle le démontre bien, il faut réguler le capitalisme par des mesures évidentes :
- suppression des fonds de pensions
- encadrement des crédits.
Le salaire est le fondement du capitalisme. Nous existons par notre salaire qui nous permet de vivre. Ce salaire a baissé depuis quelques décennies. Il y a de plus en plus de richesses et de moins en moins de travail.
Il faut créer le revenu d’existence.
Il faut réfléchir au montant du salaire par rapport à une diminution réelle du temps de travail qui permet de libérer du temps pour évoluer.
De tout temps, il y a une nécessité de travaux collectifs pour la survie de l’homme face aux difficultés. Cet esprit de survie, encouragé par ces difficultés, fera évoluer les choses.

Existe-t-il une alternative au capitalisme ?

Il n’y a pas forcément de système de remplacement mais ce sont les actions individuelles ou locales qui finiront par déboucher sur un nouveau projet politique.
C’est un problème de valeur. Le travail n’est devenu une valeur qu’à l’apparition du monde industriel. La famille par exemple a longtemps été une valeur primordiale.
Seule l’urgence fera bouger les gens. Comment faut-il arriver à le faire prendre conscience aux gens ? Aujourd’hui, c’est peut-être les Verts qui en ont l’opportunité et il faudrait qu’ils la saisissent.
Qu’est-ce que le capitalisme et qu’est-ce qui nous gène dans ce système ?
Il ne sait pas partager de manière équitable.
Le mal, c’est la propriété mais la propriété est aussi la dynamique de la société.
Il y a une grande force d’imitation du système capitaliste.
Il faut bien parler de décroissance, cela n’est plus hérétique même si cela braque encore beaucoup de gens.
Qu’est-ce qui défini aujourd’hui la richesse ? C’est le PIB, ce qui ne veux rien dire.
Un exemple d’alternative est le projet de reconversion écologique de la société (Les Verts) qui porte sur les domaines suivants :
- contribution climat/énergie
- Transports
- Amélioration des performances énergétiques des bâtiments
- Reconversion des bassins d’emplois vers des industries de l’énergie renouvelable
- Changement des aides à l’agriculture
Obama semble avoir adopté ce type de projet de société. Le Danemark l’expérimente depuis longtemps.
La seule alternative est entre capitalisme et marxisme.
Il faut associer l’individualisme qui est nécessaire pour certains domaines et le collectivisme.
Le capitalisme ne fonctionne pas, le marxisme non plus. Il faut trouver une solution médiane comme par exemple dans les petites tribus d’amérindiens. C’est le fait humain qui a fait échouer les systèmes globaux, seules les petites communautés peuvent réguler ce problème.
Il faut une tri-articulation de la société :
- économique
- politique
- société civile
Il y a aujourd’hui un déséquilibre entre ces composantes, l’économique étouffe tout. Il faut redonner sa place à la société civile.
Le problème n’est pas la richesse, c’est que bien que faisant partie des nantis, nous ne sommes pas heureux dans cette société.
La richesse est quand même un problème car elle se fait toujours au détriment de quelqu’un.
Les sociétés primitives bien organisées ont été ruinées par le contact avec les autres tribus et surtout par la confiscation par quelques uns de l’information. Cette confiscation se poursuit dans notre société dans laquelle l’information est contrôlée par le capital.
Il y a souvent blocage car le citoyen est mis dans des situations de peur avec une lourde responsabilité des médias qui sont aux mains des tenant s du système.
Le mutualisme est une réelle alternative au capitalisme.
Il y a malheureusement eu dégénérescence du système bancaire français qui était à l’origine mutualiste.
Cependant, l’économie sociale vit encore en France surtout dans les domaines de l’assurance et de la protection sociale. Elle offre en plus des conditions de travail plus avantageuses à ses salariés.
Ce système fonctionne (SCOP, coopératives,…) et il pourrait fonctionner dans tous les domaines (par exemple les écoles coopératives).

Le changement ne viendra d’en-haut, il viendra de l’humain. Il faut arrêter de capitaliser, il faut changer individuellement.

(synthèse réalisée par François Herrb)