mercredi 24 octobre 2012
36eme café repaire: Eloge paradoxal du mensonge
jeudi 20 septembre 2012
35eme café repaire: Société et santé mentale
vendredi 24 août 2012
34eme café repaire: Le plurilinguisme, pour quoi faire ?
mercredi 25 juillet 2012
33eme café repaire: La prison s'ouvre à la beauté
R. Badinter: "Grâce à eux les murs de la prison s'ouvrent à la beauté des couleurs et des mots".
M. Mouad (Directeur adjoint du service pénitentiaire d'insertion et probation): "Il est toujours possible de se réaliser et de faire des choses positives".
C. Dirringer(Présidente du Rottary club d'Ottmarsheim qui a réalisé l'impression du livre): "Ces ateliers sont un vivier de talents cachés qui naissent et se découvrent...Espoir et liberté ne sont pas de vains mots".
dimanche 24 juin 2012
32eme Café Repaire: ATHÉISME : Dieu et l'homme, qui a créé qui?
jeudi 24 mai 2012
31eme Café Repaire: Les Glières 2012: bilan et perspective
mercredi 18 avril 2012
30eme Café Repaire: Elections 2012 : après ce 1er tour, on fait quoi ?
dimanche 25 mars 2012
29eme Café Repaire: HOMOSEXUALITE, HOMOPARENTALITE : indicateurs de santé de la démocratie ?
à 20h00
à l'Hotel de l'Ange
Guebwiller
L’attitude d’une société face aux homosexuels et leurs revendications est un excellent indicateur de la vivacité de sa vie démocratique.Voilà plus de 20 ans que l’OMS a supprimé l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Pourtant, plus de 80 Etats continuent aujourd’hui une véritable homophobie d’Etat. Pénalisation, persécution et rejet accentuent la vulnérabilité des minorités sexuelles et les exposent particulièrement au risque VIH.
La France connaît une recrudescence inquiétante des actes homophobes.
Le député UMP du Nord, Christian Vanneste, en conflit avec le parti présidentiel pour des propos jugés homophobes, affirme que les homosexuels et leurs défenseurs "prolifèrent" dans les rangs de l'UMP, où règne "la police de la pensée".
Il y a de cela quelques jours, le Conseil Constitutionnel a décidé de déclarer l’interdiction du mariage homosexuel conforme à la Constitution.
Reconnaître l’homoparentalité revient à reconnaître le droit d’avoir un enfant quel que soit le moyen nécessaire pour y parvenir. C’est de fait confirmer que la procréation n’est plus la finalité de la famille.
mardi 21 février 2012
28eme Café Repaire: La fidélité
La vie en couple, une illusion ou un accomplissement ?
à 20h00
à l'Hotel de l'Ange
Guebwiller
(NB: en période de carnaval, les personnes masquées sont admises pour témoigner...)

André COMTE-SPONVILLE « Le sexe ni la mort » :
« La monogamie, chez les mammifères, est l'exception. Et il n'est pas rare, chez les humains aussi, que la nouveauté soit plus excitante que l'habitude. L'habitude a aussi ses charmes, ses délices, ses variations, ses innovations ... Mieux vaut, me disait un ami, faire des choses toujours différentes avec la même femme, que faire toujours la même chose avec des femmes différentes. A chacun d'en juger, selon ses goûts et ses engagements, ses expériences ou ses fantasmes.
Ce qui fait le couple, ce n'est pas la seule appétence sexuelle, c'est la volonté de vivre cette appétence, de la nourrir, de l'entretenir ... avec celui ou celle que l'on a choisi, c'est aimer non pas la possession physique de l'autre, comme le loup aime l'agneau, mais aimer son existence, sa présence, sa liberté, enfin jusqu'à sa solitude, si émouvante, si bouleversante, que le couple réchauffe sans l'abolir. »

Michel ONFRAY « Théorie du corps amoureux - Pour une érotique solaire »:
« Pour en finir avec le modèle chrétien, la monogamie, la fidélité, la procréation, la famille, le mariage et la cohabitation associés, il faut redéfinir théorie du contrat appuyée sur la seule volonté de deux libertés célibataires avec le désir comme excès, le plaisir comme dépense.
L’idéal ascétique pythagoricien, juif, platonicien et chrétien suppose la misogynie, la haine du désir et des plaisirs, la condamnation de la chair, le mépris du corps, le pouvoir absolu du mâle. L’idéal hédoniste cyrénaïque, cynique, épicurien invente la liberté amoureuse, la chair sans culpabilité, le célibat joyeux et l’égalité libertine des hommes et des femmes.
Pour répondre à la question : comment rester libre dans la relation amoureuse ? il faut déchristianiser l’éthique, réaliser un féminisme libertin, promouvoir un éros léger, ludique et formuler une physiologie des passions qui permette un art de rester soi dans le rapport à autrui.
On peut aimer mais différemment. On peut être fidèle mais différemment. La fidélité, ce n'est pas l'exclusivité. L'amour, ce n'est pas la monogamie. La monogamie, ce n'est pas l'amour.»
NIETZSCHE "Le gai savoir" 1882, traduit par Alexandre Vialatte:
« Malgré toutes les concessions que je suis prêt à faire au préjugé des monogames, je n'admettrai jamais qu'en amour on parle des mêmes droits pour la femme et pour l'homme ; ces mêmes droits n'existent pas. Le même mot d'amour signifie en effet deux choses différentes pour l'homme et la femme(…). Ce que la femme entend par amour est assez clair : ce n'est pas simplement le dévouement, c'est un don total de corps et d'âme, sans restriction, sans nul égard pour quoi que ce soit ; elle aurait peur, tout au contraire, elle rougirait d'un abandon sous condition, lié à des clauses. C'est cette absence de conditions qui fait de son amour une foi : la seule qu'elle ait.
Quant à l'homme, s'il aime une femme, c'est cet amour là qu'il veut d'elle ; il est par conséquent bien loin de postuler pour soi le même sentiment que pour la femme ; s'il se trouvait des hommes qui éprouvassent aussi ce désir d'abandon total, ma foi,... ce ne seraient plus des hommes. Un homme qui aime comme une femme devient par là même un esclave ; au lieu qu'une femme qui aime en femme n'en devient que plus parfaitement femme...
La passion de la femme, renonciation totale à toute espèce de droits propres, postule précisément que le même sentiment, le même désir de renoncement n'existe pas pour l'autre sexe : car, si tous deux renonçaient à eux-mêmes par amour, il en résulterait,... ma foi, je ne sais trop quoi,... - disons peut-être l'horreur du vide ? - La femme veut être prise, acceptée comme une pure propriété ; elle veut se fondre dans l'idée de "propriété", de "chose possédée" ; elle exige donc quelqu'un qui prenne, qui ne se donne pas lui-même, qui ne s'abandonne pas, mais qui veuille, tout au contraire, enrichir son moi, dans l'amour, de cet accroissement de force, de ce supplément de bonheur et de foi que la femme prétend lui apporter dans sa personne. La femme se donne, l'homme s'augmente d'elle ; je pense que nuls contrats sociaux, malgré la meilleure volonté et la plus grande soif de justice, ne pourront rien contre cette antithèse naturelle, si désirable qu'il puisse être de ne pas laisser voir constamment la dureté, l'horreur, l'énigme et l'immoralité de cet antagonisme. Car l'amour, car le grand amour, l'amour total, l'amour complet, c'est de la nature, par conséquent comme toute nature, chose "immorale" éternellement.
La fidélité, comme on le voit, fait partie de l'amour féminin dont elle ressort de la définition même ; chez l'homme elle peut facilement naître de la suite de l'amour, comme une espèce de reconnaissance, ou d'idiosyncrasie du goût - c'est l'"affinité élective" - mais elle n'entre pas dans l'essence de l'amour ; elle le fait même si peu que l'on pourrait presque parler d'une antinomie naturelle entre l'amour et la fidélité de l'homme : l'amour de l'homme étant désir de posséder et non abandon, renoncement, et le désir de posséder cessant avec la possession... Si l'amour de l'homme persiste c'est bien, de fait, que son désir de possession est assez fin et assez soupçonneux pour ne s'avouer que rarement et tardivement qu'il "possède" ; il est même possible alors qu'il croisse après le don de la femme : il ne s'avoue pas facilement qu'elle n'a plus rien à lui donner. »
mardi 31 janvier 2012
27eme Café-Repaire: mardi 31 janvier 2012





Les objections classiques entendues à propos de la suppression des prisons (abolition.prisons.free.fr) :Par quoi remplacez-vous la prison ?
Et si on faisait ça à ton gosse ?
Si on supprimait les châtiments, plus personne ne serait en sécurité.
Si les coupables ne sont pas punis, la victime est pénalisée
Il faut bien une justice ! Tous les philosophes l’ont dit.
La punition est inhérente à l’idée de justice
Qui aime bien châtie bien
Le châtiment n’est rien à côté du contrôle social
Vous n’avez pas les pieds sur terre, vous êtes des utopistes, il n’y aura jamais de monde sans violence.
Si le châtiment traverse les âges et les civilisations, il repose forcément sur quelque chose.
Si l’on supprime l’institution judiciaire, les individus se feront justice eux-mêmes.
Si on ne châtie plus les criminels, ce sera la jungle (ou l’anarchie).
On peut réformer, améliorer la justice.
Thierry LÉVY, président de l’Observatoire international des prisons de 2000 à 2004 :
« La prison est le reflet aggravé des réalités sociales, ce qui la rend intolérable. »
« Comme lieu d’accomplissement d’une peine rédemptrice, la prison est une utopie qui a échoué, même si sa suppression serait, elle aussi, une utopie. »
« Actuellement, bien que la justification que l’on donne de l’emprisonnement soit toujours liée à des crimes spectaculaires, il n’y a finalement dans les prisons que très peu de gens condamnés pour de tels crimes. »
« Pas besoin d’y entrer souvent pour constater que les gens qui s’y trouvent, détenus comme surveillants, sont issus, dans leur immense majorité, non pas des classes dirigeantes ou de la petite bourgeoisie, mais de ce qu’on appelait au XIXe siècle les « classes dangereuses », c’est-à-dire de la partie la plus défavorisée, la plus humble et la plus marginalisée de la population. »
« Le recours au tout pénal pour régler des problèmes qui ont une forte composante sociale, tel qu’on le voit à l’œuvre aux États-Unis et que le dénonce le sociologue Loïc Waquant, est de plus en plus en plus fréquent. »
« Dans le système actuellement en vigueur, on parle de réinsertion, de réadaptation des détenus, alors qu’ils se trouvent là, le plus souvent, parce que leur problème, antérieur aux faits qui les ont conduits en prison, était un problème de non-insertion et de non-adaptation. »

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